Scandale à l’association des Mères de plaza de Mayo

L’association des mères de la place de Mai (Madres de plaza de Mayo) est en proie à un scandale médiatique. Le gouvernement a, quant à lui, accusé les médias de ces dénonciations et apporté son appui à la puissante et respectée association.

L’association de las Madres de plaza de Mayo

L’association des mères de la place de Mai est sûrement l’une des associations les plus importantes d’Argentine en matière de lutte et de défense pour les droits de l’homme. Fondée pendant la dictature argentine par les mères et grands-mères des « desaparecidos » (hommes et femmes enlevés par la dictature et portés disparus depuis), l’association est un symbole fort de l’histoire argentine et de l’engagement pour les droits de l’homme. L’action des mères de la place de Mai est encore aujourd’hui très importante, puisqu’elles sont souvent à l’origine de la découverte de la véritable identité d’enfants volés de la dictature.

Madres de Plaza Mayo ( reconnaissables à leurs fichus )-photo : Blmurch

Soupçons de détournements de fonds publics

Cette association, dotée d’une aura et d’un respect important, voit depuis quelques temps son image écornée par un scandale. L’affaire est apparue avec la démission inattendue de Sergio Schoklender, le puissant soutien de l’association. A la suite de celle-ci, Schoklender avait alors déclaré avoir de sérieux soupçons quant à la transparence de la répartition et l’utilisation des fonds publics reçus par l’association. Depuis l’arrivée au pouvoir des Kirchners, l’association aurait reçu près de 300 millions de dollars et accuserait de nombreuses incompréhensions dans les placements de fonds et dans la justification des actions mises en place.

Les soupçons de détournements de fonds avaient alors grandi avec la découverte du style de vie de Schoklender, qui aurait utilisé des jets privés et un yacht d’une entreprise en relation avec la construction de la Fondation de l’association.

Soutien du gouvernement

Alors que le scandale grandit, relayé par les principaux journaux nationaux La Nacion et Clarin, le gouvernement est monté cette semaine au créneau, via le ministre de l’économie Amado Boudou, pour prendre la défense de l’association. Celui-ci a dénoncé «une opération médiatique pour ternir le prestige des Mères». Le gouvernement a également assuré que les œuvres de l’association financées par les fonds publics sont menées de manière transparente.

Dernières avancées de l’affaire

Les dernières avancées de l’affaire semblent concentrer les soupcons sur Schoklender, accusé de détournements de fonds. L’origine de sa fortune demeure floue. Les soupcons se tournent donc vers celui même qui a déclenché la polémique. L’ex “manager” de l’association a demandé à ce que l’enquête ne se focalise pas uniquement sur lui et que les investigations soient lancées également au sein de l’association elle même.

Une nouvelle affaire médiatico politique qui secoue, cette fois, un des piliers du paysage social et historique de l’Argentine, à suivre …

Source : Fuerte respaldo oficial a las Madres de Plaza de Mayo

La maison suspendue d’une ONG sur la Plaza Mayo

Il s’agit d’une initiative de l’ONG “ Un toit pour mon pays Argentin”(UTPMPA).

Cette organisation inaugurera aujourd’hui à 18h30 La Maison Suspendue pour la deuxième année consécutive, ceci afin de réclamer des solutions face aux sérieux problèmes de logement que connaît le pays.
Il s’agit d’une maison d’urgence située à 12 mètres de la Casa Rosada, sur la Plaza Mayo, et qui sera habitée par un groupe de personnes jusqu’à mercredi.

La devise de l’initiative est « Pour cette maison les candidats restent » et son objectif est de « sensibiliser et placer dans l’agenda public la question urgente du problème du logement dont souffrent des milliers de familles argentines » informe l’ONG sur son site web.

Cette ONG connaît parfaitement le quotidien des familles des quartiers pauvres du pays qui vivent dans des logements précaires, sur des terrains irréguliers et qui ne bénéficient pas des services et des outils nécessaires pour améliorer leur qualité de vie.
L’organisation travaille de pair avec ces familles pour changer la situation. Ils ont, pour cela, besoin de l’engagement du gouvernement qui les représentera les 4 prochaines années mais aussi du soutien de la société.

Source : En Plaza de Mayo, instalan una “casa en el aire”

L’Obélisque de Buenos Aires fête ses 75 ans

L’Obélisque, icône de la capitale argentine trônant sur la 9 de Julio, l’avenue la plus large du monde, fête aujourd’hui 23 mars ses 75 ans.

Le monument de 67,5 m de hauteur fut construit pour la célébration des 400 ans de la fondation de la ville de Buenos Aires. Sa construction commença le 20 mars 1936, sur l’emplacement d’une église qui dut être détruite pour l’occasion et l’obélisque fut inauguré deux mois plus tard, le 23 mai 1936. Il a été imaginé par l’architecte Alberto Prebisch (l’une des figures majeures du modernisme argentin et également auteur du théâtre Gran Rex sur Corrientes) sous la présidence de Agustin Pedro Justo.

Photo:  Vic Lic

En 1938, l’Obeslique fut en grand danger de démolition. L’intendant de la ville avait en effet fait voter sa démolition, pour raisons économiques, esthétiques et de sécurité publique (des plaques de pierre s’éffondraient alors régulièrement). Les défenseurs du monument purent néanmoins éviter la démolition, en faisant valoir que l’obélisque dépendait de la juridiction nationale et non de la ville.

Après de nombreuses polémiques sur son devenir et sur sa valeur esthétique, l’obélisque est aujourd’hui considéré comme le symbole de la ville et fréquemment utilisé comme point de réunion pour de nombreuses manifestations, notamment culturelles, avec la tenue de nombreux concerts ou spectacles à son pied en été.

Le site web de la Nacion propose de visionner une vidéo retraçant les 75 ans d’existence de l’obélisque. Cliquez ici pour la visionner.

Source : El obelisco cumple 75 años

Messi et Maradona : Patrimoine de l’Humanité ?

Le Bureau International des Capitales Culturelles a fait connaître le nom de cinq premiers footballers argentins en compétition pour le titre de « Patrimoine Sportif Historique de l’Humanité ». Il s’agit donc de Di Stéfano, Kempes, Pasarella et les incontournables Maradona et Messi.

Photo: Timsnell

L’IBOCC est un organisme qui s’occupe des capitales Américaine, Brésilienne, Nord-Américaine et Catalane de la Culture. Il s’occupe de dynamiser et d’impulser de nouveaux projets pour les capitales culturelles qui n’existent pas officiellement et de coordonner celles-ci avec les capitales européennes de la Culture.

Cette campagne spécifique visant à faire reconnaître des joueurs de football d’exception comme patrimoine de l’Humanité s’étendra à l’Argentine, au Brésil et au Mexique. Dans chaque pays, une dizaine de joueurs sera sélectionnée.

Les clubs peuvent envoyer les candidatures des joueurs jusqu’au 14 mai sur le site www.ibocc.org.

Source : Messi y Maradona, candidatos a ser declarados Patrimonio de la Humanidad

Des écoles deviennent monuments historiques à Buenos Aires

Les écoles Pedro de Mendoza et la Técnica 31, situées 1835 et 1777 de la rue Pedro de Mendoza dans le quartier de la Boca, viennent d’être déclarées monuments historiques nationaux. Ces écoles avaient été imaginées par le peintre argentin Quinquela Martín, artiste de La Boca.

En 1933, le peintre fait don d’un terrain qui lui appartient pour construire une école primaire. Trois ans plus tard, l’école ouvre ses portes au rez-de-chaussée, un musée des artistes argentins s’installe au premier étage (en particulier des œuvres de Ernesto de La Cárcova y Antonio Berni) et la maison du directeur à l’étage supérieur.

Quartier de La Boca – Source : Christian Haugen

La seconde école a également été construite sur un terrain donné par l’artiste en 1940. Dans ce bâtiment, dessiné par l’architecte Roberto Quiroz, a été ouverte la 1ère école en Argentine d’Education Technique aux Arts Graphiques.

Le décret, signé par la Présidente Cristina Fernández de Kirchner, déclarant les deux écoles monuments historiques, invite les autorités porteñas à prendre les mesures nécessaires pour la préservation du patrimoine artistique et historique des lieux et de leurs biens.

Source : Declararon monumento histórico a dos escuelas de la Boca

Vers un centre-ville piéton à Buenos Aires

Les rues Suipacha et Esmeralda, dans le Microcentro – centre-ville d’affaires de Buenos Aires -, vont devenir piétonnes.

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Dans un mois seront lancés les travaux dans la première des deux rues, entre Santa Fe et Avenida de Mayo (avenue de mai).
L’objectif est de poursuivre ensuite jusqu’à San Juan, par Tacuarí.
Les travaux sur Esmeralda et Piedras viendront dans un second temps.

A Buenos Aires, toutes les rues Nord-Sud changent de nom lorsqu’elle coupe l’avenida Rivadavia, sauf 9 de Julio.
Tacuarí est le prolongement de Suipacha au sud de Rivadavia, comme Piedras pour Esmeralda.

140 000 édifices construits avant 1941 sont menacés de disparaître de Buenos Aires

Les 140 000 édifices de Buenos Aires, construits avant 1941, pourraient disparaitre demain. Voici ce qu’assure Antonio Ledesma, directeur général de Interpretación Urbanística, si la loi sur la protection du patrimoine historique et culturel de Buenos Aires, n’était pas reportée au 31 décembre 2010.

Cette situation préoccupe un grand nombre d’associations qui aujourd’hui se mobilisent, par tous les moyens, pour défendre leur patrimoine. Parmi elles, l’ONG Basta de Demoler qui via Internet et les réseaux sociaux, sensibilise les porteños à la protection de ces édifices et espère réunir suffisamment de signatures pour assurer le report de cette loi promulguée l’année passée.

Avenue 9 de Julio – Photo : Bertrand Mahé

Un destin entre les mains du Conseil des Affaires Patrimoniales

Mais ce processus est surtout entre les main du Conseil des Affaires Patrimoniales (CAAP), un organe dépendant du Ministère du Plan Urbain du Gouvernement de Buenos Aires, qui est en charge d’analyser la valeur du patrimoine et de son architecture. Le président de Basta de demoler, Santiago Pusso, confiait également cette inquiétude en révélant qu’il n’existait pas de “répertoire complet” des édifices tenant une valeur historique. Selon le directeur général de Interpretación Urbanística, le nombre d’édifices aurait pourtant triplé ces trois dernières années et seul 12000 d’entre eux auraient été préservés.

Ce qui est certain, c’est que si d’ici la fin de l’année, la demande du report de cette loi ne s’effectue pas, les édifices construits avant 1941 et non répertoriés dans le registre du Plan Urbain du gouvernement, seront détruits.

Jardin botanique de Palermo – Photo : Bertrand Mahé

Agrandir le centre historique de la ville

Par ailleurs, deux projets du député Pro Patricio Di Stefano, président de la Commission du Patrimoine Architectural, seront soumis dans les prochains jours à l’assemblée législative en vue d’élargir le centre historique de la cité Porteña. La nouvelle zone s’étendra depuis la place de Mayo jusqu’à la place San Martín, entre Florida et Alem.

Ses initiatives présentées en décembre dernier, défendent la préservation des édifices historiques en les protégeant de la démolition et en favorisant le respect des styles architecturaux de ces édifices lors de nouvelles constructions.
Le président de la commission assurait par ailleurs que “la zone jointe au quartier de San Telmo, est celle où se concentre la majorité des sites patrimoniaux et tient une valeur historique inestimable : c’est effectivement dans ce quartier que la citée de Buenos Aires fut fondée. C’est une honte qu’on continue à démolir ce patrimoine“.

Source : Estiman que 140.000 edificios anteriores a 1941 podrían desaparecer de la ciudad

Voyage culturel dans la province de Salta : construction d’un centre d’interprétation

Le ministre du Tourisme et de la Culture Federico Posadas, et le ministre du Développement Durable Francisco López Sastre se sont réunis cette semaine avec le directeur de la Fondation Nature pour le Futur (FuNa Fu), Luis Castelli.

Leur objectif était d’avancer sur le projet de construction d’un Centre d’Interprétation au niveau de la Réserve Provinciale de la Quebrada de las Conchas (Cafayate), exactement à Santa Bárbara, dans la province de Salta.

Quebrada de Cafayate – Photo : emi

La fondation FuNa Fu avait déjà participé en 2009 à la mise en route du centre d’interprétation “Indalecio Gómez” dans la petite ville de Molinos.

Pour ce nouveau projet, l’entreprise publique Vialidad qui a en charge les routes du pays a prêté un hectare de terrain à Santa Bárbara, sur la route nationale 68. Luis Castelli et ses collaborateurs de la fondation sont très heureux de commencer la construction sur un terrain vierge, en pleine nature, et feront en sorte d’harmoniser le tout avec le paysage.

Valorisation du patrimoine

Ce centre d’interprétation aura pour objectif de valoriser et de promouvoir les traditions et l’artisanat local, et à terme de créer des emplois et protéger le patrimoine. L’idée est de créer un espace de réception, d’exposition, d’échange et de vente pour les visiteurs, où ces derniers seront sensibilisés au patrimoine culturel et naturel de la zone.

Par la suite, le projet aménera la création de “labels” ou certification des biens et services, de garantie de leur authenticité et de leur contribution au développement local, tout cela dans le respect de l’environnement.

Qu’est-ce qu’un Centre d’Interprétation ?

Il a pour ambition de fournir au public des clés de lecture d’un patrimoine, naturel ou monumental, archéologique ou industriel, voire d’un ensemble urbanistique. Les métiers et leurs savoir-faire sont également concernés dès lors qu’il s’agit de transmettre des connaissances aux visiteurs mais aussi de leur faire aimer le patrimoine et transmettre ses valeurs.

On postule qu’un musée ou qu’une collection ne font pas tout, et que seules des clés de lecture permettent aux populations de s’en approprier la richesse. C’est donc un changement de conception qui vise à mettre le public en avant et au cœur de la démarche patrimoniale. L’objet, la collection et même parfois le site, perdent leur pré-éminence dès lors qu’il s’agit de restituer la compréhension d’une histoire, ou d’un paysage plus que de donner simplement à voir. Ainsi l’expérience de visite qui vise à faire éprouver des sensations et des émotions devient aussi importante que la cognition.

Au final cela augmente la sensibilité du public et favorise la conservation du patrimoine dans la zone d’influence. Un tel projet nécessite du personnel qualifié, spécialiste des itinéraires didactiques et  ayant un bon sens relationnel.

Source : Les centres d’interprétation du patrimoine