Martín Miguel de Güemes, une icône de l’histoire argentine

Je pense que le nom de Güemes vous est familier tellement on peut voir un nombre important de rues, parcs ou statues à l’effigie de cet homme. Mais vous êtes vous déjà demandé quel était ce personnage et l’impact qu’il a pu avoir dans l’histoire ? Rassurez-vous on vous dit tout maintenant et vous pourrez désormais vous vanter devant vos amis la prochaine fois que vous aurez l’occasion de parler de cette icône argentine.

Güemes – Wikimédia Commons

Un homme plein d’idées et de convictions 

Si l’on connait surtout Saint-Martin comme étant un des grands artisans de l’indépendance de l’Argentine, le général Güemes fut également un personnage essentiel dans ce processus pour son pays. Il est né à Salta en 1785. Dans cette ville, Güemes reçoit une très bonne éducation de par sa famille et son précepteur. Il suit surtout des études en rapport avec l’agriculture mais se dirige ensuite assez rapidement vers des études militaires par nécessité. En effet, la Province de Salta où Güemes est né est particulièrement touchée par d’importantes rébellions. L’un des principaux chefs rebelle était Túpac Amaru, un chef de guerre indien.

Ainsi il est finalement envoyé dès l’âge de 14 ans à Buenos Aires pour commencer son entrainement militaire. Il livre sa première bataille à l’âge de 21 ans contre les invasions anglaises. Il fut un des acteurs majeurs de la fameuse bataille de Suipacha (dans l’actuel Bolivie) en tant que chef de l’escadron. Cette bataille est entrée dans l’histoire puisque ce fut la toute première des forces révolutionnaires contre les troupes royalistes. Cela a eu un impact excessivement important sur le moral des troupes révolutionnaires et sur celui de Güemes.

Une figure majeure du processus d’indépendance de l’Argentine

En effet ce dernier est désormais prêt à se battre jusqu’à la fin pour son pays. Ainsi à l’âge de 23 ans il décide de retourner dans sa ville d’origine. Salta, bien entendu ! Il fut à l’origine des premières révolutions à Salta : une des première ville à se rebeller. Güemes est ensuite envoyé à Buenos Aires pour indiscipline et sera également l’un des artisan de la révolution de Mai 1810. Il se battra au côté du général Saint Martin.

Son travail fut tellement reconnu et admiré qu’il devint ensuite le tout premier gouverneur de la province de Salta. Il fut élu par le vote des Salteños sans l’accord de Buenos Aires. Ceci étant, son élection fut gravement contestée par le cabildo de Jujuy ce qui a conduit à d’importantes contestations à Salta même. Toute la durée à la tête de sa gouvernance aura été le théâtre d’oppositions et de rebellions des provinces aux alentours contre son pouvoir. A la suite d’une balle qu’il reçut pendant une bataille, Güemes fut victime d’hémophilie. Ainsi il mourut de cela en 1821 à l’âge de 35 ans seulement.

Une reconnaissance encore intacte de nos jours 

Plaza 9 de Julio à Salta – Santa Molliconne

Si déjà, il était particulièrement apprécié par une très grande majorité des argentins, la reconnaissance qu’il peut avoir dans son pays est encore relativement immense. S’il était aimé c’était aussi bien pour sa droiture, ses qualités militaires que pour son empathie envers son peuple. En effet, Güemes était reconnu pour le fait qu’il aidait souvent les pauvres lorsqu’il était gouverneur de Salta.

Afin de rendre hommage à sa politique et le courage qu’il a pu avoir par le passé, de nombreuses rues et édifices (galeries Güemes à Microcentro à Buenos Aires par exemple) portent encore son nom. De même on retrouve une statue en son honneur au nord de Palermo à Buenos Aires et une autre à Salta. C’est d’ailleurs à Salta où on retrouve aussi le musée Historico del Norte (ancien lieu du Cabildo de Salta) qui raconte plus en détail l’histoire de la ville et de cet homme. Une place importante de la ville est également à son nom.

Enfin si vous vous demandez pourquoi le 17 Juin est un jour férié en Argentine, c’est bel et bien en hommage à la mort de cet homme qui mourut le 17 Juin 1821. Maintenant vous savez tout sur l’histoire et l’impact qu’il a pu avoir dans l’histoire de l’Argentine. A vous d’épater vos amis la prochaine fois que vous passerez devant une statue de Güemes !


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Mafalda, un personnage attachant et pas comme les autres !

Vous en avez forcément déjà entendu parler, Mafalda est cette petite fille, véritable star argentine, que vous pouvez voir un peu partout. Elle est dans les BD mais aussi dans le métro et sur des produits dérivés. Mais attention, sous ses aspects enfantin, la demoiselle pose tout de même des questions très pertinentes, et ce depuis maintenant 50 ans !

Mafalda – Source : Biquipedia 

Un véritable succès

Mafalda est le personnage principal de la bande dessinée éponyme créée par le dessinateur Quino en 1964 et qui s’est vendue à des millions d’exemplaires à travers le monde. L’auteur argentin s’appelle en réalité Joaquin Salvador Lavado et a fait vivre Mafalda durant dix ans.

Quino – Source : Fickr par Ministerio de la Cultura de la Nación Argentina

Le succès de Mafalda est d’autant plus remarquable que la bande dessinée a longtemps existé dans un contexte de censure et de manque total de liberté d’expression. Mais Quino a toujours su comment s’y prendre pour mettre en évidence un problème sans le dénoncer ouvertement, se protégeant ainsi de toute accusation.

Le personnage de Mafalda

Mafalda est une petite fille de 5-6 ans, issue de la classe moyenne argentineElle est extrêmement curieuse et intelligente pour son âge. En effet, elle discute avec ses parents et ses amis de tous les problèmes d’actualité et de société. La bande dessinée prend parfois un caractère politique quand la petite fille s’interroge sur les grands débats du monde : la guerre, la religion ou la culture.

Mafalda – Source : Flickr par Fotero

L’héroïne est entourée de plusieurs autres petits personnages avec des caractères très caricaturaux et des points de vue extrêmement marqués. Cette pluralité permet à Mafalda d’avoir de nombreux avis concernant les questions qu’elle se pose.

Parmi ses amis, il y a par exemple Manolito, fils de commerçant qui passe son temps à compter son argent (figure du capitalisme extrême). On trouve aussi Susanita, petite fille n’ayant pour ambition que de devenir mère et épouse (image de la soumission aux traditions familiales). Ces personnages entourant Mafalda sont une astuce de Quino pour présenter les différents aspects de la société. Il les personnifie et leur donne la parole. La résultat en est que Mafalda semble finalement être la plus raisonnable et la plus intègre des personnages de la bande dessinée.

Une bande dessinée pour les adultes

Quino, qui était soumis au rythme quotidien de parution, a toujours privilégié les idées aux dessins. Cela explique les dessins parfois simplistes et pas toujours attrayants. C’est justement ce qui donne ce côté enfantin à l’oeuvre de Quino, contrastant avec le contenu, plutôt réservé aux adultes.

Un mélange de légèreté et de réflexion taquine donc, qui continue encore d’agiter les consciences.

Et en ce moment, une exposition à ne pas manquer

L’Alliance Française présente “Vacaciones de Mafalda”. C’est une exposition pour les grands et les petits qui pourront profiter des dessins animés de Mafalda et de ses attachants compagnons ! Profitez ainsi de l’hiver pour redécouvrir Mafalda à travers 3 bandes dessinées : “Los preparativos”, “Vacaciones en sí” et “El regreso”. De plus, l’espace sera interactif : vidéos, lectures, jeux et autres.

Où et quand ? Jusqu’au 26 août du lundi au vendredi de 12h à 19h, Galeria Centro Palermo, Billinghurst 1926, Buenos Aires
Combien ? Gratuit

Vous connaissez maintenant un peu mieux la petite Mafalda, pensez à elle si vous devez ramener un cadeau typiquement argentin à l’un de vos proches !


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À la découverte des Mapuches

Les Mapuches sont un peuple indigène originaire de la cordillère des Andes. Leur nom “Mapuche” signifie « peuple de la Terre » en mapudungun (langue parlée par ce peuple indigène). Retour sur ce peuple, qui au cours de l’histoire à longtemps été pris à partie par les gouvernements argentins et chiliens.

Drapeau Mapuche – Wikipedia

Histoire du peuple Mapuche

Avant l’arrivée des Espagnols sur le continent, ils occupaient un vaste territoire de part et d’autres de la Cordillère des Andes. De la province de Buenos Aires au sud de la Patagonie en passant par le Chili, ce peuple sédentaire vit de la chasse, de la pêche, de l’agriculture ou encore de l’élevage. Les Mapuches vivent au sein d’une société organisée détenant ses propres codes. Ni l’empire inca, ni les conquistadors espagnols parviendront à les soumettre et les dominer. Ce sont d’ailleurs les seuls indigènes à conserver leur totale autonomie. Les Mapuches réussiront même à mettre en place des frontières permettant de limiter leur territoire (Patagonie, Chaco et une vaste partie de la Pampa).

Arrive alors en 1860 un aventurier français répondant au nom de Orélie Antoine de Tounens se passionnant pour ce peuple. Vivant en immersion avec eux, il se proclame roi de Patagonie et se lance donc dans la création d’un Etat à part entière. Il crée un drapeau, une constitution et même un hymne. Alertés de cela, les Chiliens décident de contre-attaquer et tuent des milliers de Mapuches dont le roi en place. Du coté argentin, c’est le général Roca qui mènera ce qui est aujourd’hui considéré comme un génocide. En effet “la conquête du désert” aboutira à quelques dizaines milliers de morts parmi les indiens.

Femme Mapuche – Wikimedia Commons

Qui sont les Mapuches ?

On compte pas moins de 600 000 Mapuches au Chili (soit 4% de la population) et 200 000 en Argentine à l’heure actuelle. Incessantes victimes des gouvernements dictatoriaux, Pinochet et Videla se dédient à les chasser des terres souveraines. En 1994 l’Argentine reconnaît enfin la présence de peuples indigènes sur son territoire et officialise le bilinguisme. C’est en 2009 que le Chili a vu l’entrée en vigueur la convention nº 169 relative au peuples indigènes et tribaux.

Les Mapuches restent un peuple très bien organisé avec des associations et des confédérations. Ils ont surtout le désir de conserver leur identité culturelle plus que jamais. Pratiquant une culture de tradition orale, ils vénèrent les esprits des ancêtres mais ne possèdent pas de lieux de recueillement. Bons guerriers, ils manient l’arc et le javelot avec aisance et s’adonnent à un sport proche du hockey: le palín. Vous reconnaîtrez ce peuple par l’explosion de couleurs qui saute aux yeux dès que vous les apercevez. Les femmes arborent de gros colliers, des broches, des boucles d’oreilles, des bracelets ou encore des diadèmes faits d’argent et de tissus. Les hommes affectionnent leur cheveux et tout ce que l’on peut y poser dessus.

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Juan Manuel Fangio : la légende du sport automobile

Il n’a peut-être pas l’aura d’un Maradona ou d’un Messi mais Juan Manuel Fangio est un personnage incontournable de la société argentine. Et simplement l’un des meilleurs pilotes automobiles de tout les temps. Fort de ses cinq championnats du monde de Formule 1, la discipline reine, “El Chueco” est une légende en Argentine. Il est notamment le seul pilote à avoir été sacré champion du monde dans 4 écuries différentes.

Juan Manuel Fangio

Statue de Juan Manuel Fangio – Photo : Wikipédia

L’enfance de Juan Manuel Fangio et ses premiers pas sur la route

Fils d’une modeste famille d’immigrés italiens, Juan Manuel Fangio se passionne toute de suite pour la mécanique puisqu’il fréquente un atelier de réparation mécanique automobile lors de ses temps libres. Il est tellement passioné qu’à 11 ans il devient apprenti mécanicien dans un atelier qui prépare des voitures de courses. À 16 ans, il est engagé par Ford et notamment il essaye les nouvelles voitures, et s’initient aux joies de la conduite. Et à seulement 18 ans il effectue même ses débuts en compétition en tant que co-pilote.

Mais c’est à 25 ans qu’il se lance dans la course automobile en participant à sa première course au volant d’une Ford A qu’il a lui même préparé. De là, il se dirige vers les « Turismo carrera » (courses routières) réputées être les plus difficiles au monde. Il gagne le Gran Premio del Norte en 1940, soit une course de deux semaines reliant Lima à Buenos Aires sur une distance de 9 445 kilomètres.

Son départ en Europe et l’apogée de ses succès

Face à ces incroyables performances, il est envoyé en 1948 en Europe afin de se familiariser avec les courses. C’est à l’occasion de ce voyage que Fangio effectue de manière totalement improvisée ses débuts en Formule 1. Il est appelé pour remplacer au pied levé pour remplacer un pilote victime d’un grave accidents quelques jours plus tôt. Après avoir fait ses preuves lors de nombreuses courses de moindre importance, il décroche un volant de pilote au sein de l’écurie Alfa Roméo pour la saison 1950.

Il ne lui en fallait pas plus pour montrer l’étendue de son talent. Pour sa première saison il finit vice-champion du monde. Mais il n’attendra pas longtemps pour décrocher le graal. En effet à la fin de la saison 1951 il est sacré champion du monde.

Malgré deux saisons 1952 et 1953 à oublier, Fangio est un champion qui sait rebondir. S’en suit alors une domination sans partage. 4 titres de champion du monde d’affilée. Cet exploit est d’autant plus remarquable qu’il a connu trois écuries différentes en 4 ans : Mercedes, Ferrari et Maserati. Pendant 4 ans, la domination de Fangio a été sans partage !

Juan Manuel Fangio

Juan Manuel Fangio – Photo : Wikipédia

Retraite et héritage

À 47 ans Fangio décide de ne pas défendre son titre et de prendre sa retraite. Ainsi, il se retire en 1958 de la compétition affirmant qu »‘il est temps de laisser sa place, j’ai atteint mes objectifs, je dois maintenant passer mon permis de conduire ». Eh oui ! On peut être champion du monde de formule 1 et l’un des plus grands pilotes de tous les temps et ne pas avoir le permis ! Finalement il l’obtiendra en 1961.

De retour en Argentine, il se consacre à sa famille et à ses affaires. Cependant il restera un observateur avisé de l’évolution de la Formule 1. D’ailleurs il fut le mentor du brésilien Ayrton Senna, lui-même légende de la F1 !

Il s’éteint le 17 juillet 1995 à Buenos Aires à l’âge de 84 ans. Le pays déclare 3 jours de deuil national en hommage à ce grand homme. Cependant son héritage demeure. Par exemple « faire le Fangio » signifie « rouler comme un chauffard ».


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Benito Quinquela Martín : un artiste dévoué à son quartier

Vous qui voyagez à Buenos Aires, vous devez absolument vous rendre dans le quartier de La Boca pour emprunter le caminito ! Cette rue très célèbre dont les maisons colorées sont connues à travers le monde ! Oui mais savez-vous qui était qu’il s’appelle en réalité Caminito de Quinquela Martín ? Et savez-vous qui est ce Quinquela Martin et qu’est-ce que ce musée qui porte son nom ?

Quinquela Martín

Benito Quinquela Martín – Photo : Wikipédia

Benito Quinquela Martin : une figure phare de la Boca et de l’Argentine

Quinquela Martin c’est avant tout un homme amoureux de sa ville et surtout de son quartier, La Boca. “En mi vida y en mi arte permanecí siempre fiel a mi gente, a mi puerto y a mi barrio” disait-il. Ce peintre était très apprécié de son vivant par les Argentins. Ses oeuvres décrivent son lieu de vie, le port de la Boca avec ses bateaux et ses travailleurs, le charbon et la vie du quartier en général. Il reste aujourd’hui bien présent dans le quartier à travers ce qu’il a entrepris et est ancré à jamais dans les mémoires des habitants de la Boca.

Revenons sur l’histoire de cet enfant du quartier

Benito, orphelin du port de la Boca, est adopté à l’âge de 6 ans par un couple d’immigrants italiens, qui l’aimeront comme leur propre fils. A 17 ans, il commence a prendre des cours de peinture la nuit, tout en continuant de travailler dans la charbonnerie familiale le jour. Il se consacre totalement à son art et devient assez rapidement reconnu, il triomphera en Argentine comme à l’international. Mais Quinquela Martín n’en a pour autant jamais oublié ses racines. Il a beaucoup oeuvré pour son quartier ! Il y a construit une école, fondé un théâtre, un lactarium, et un hôpital pour enfants. Et c’est lui qui a créé le caminito ! Tout au long de sa vie, il a voulu rendre à son quartier ce qu’il lui avait apporté.

En 1933, il donne un terrain pour que le Conseil National d’Education construise une école publique. Il émet deux conditions. Premièrement concernant l’organisation du bâtiment : Le rez-de chaussée et 1er étage seront consacrés aux salles de classes, au 2ème étage, il y aura un musée d’art argentin et au 3ème, ce sera sa maison et son atelier. Deuxièmement, Quinquela pourra décorer les salles de l’école avec ses propres fresques.

Quinquela Martín

Caminito – Photo : Wikipédia

Le museo Quinquela Martín

Le musée fut achevé en 1938. Au deuxième étage, on peut admirer des oeuvres d‘art figuratif argentin. Il y a quatre salles au premier étage, une est consacrée à une exposition temporaire, une autre à une collection de proues de bateaux du 19ème du port de la Boca. Dans les deux autres salles, on trouve tout un éventail de tableaux très intéressants de divers peintres argentins comme Eduardo Sívori, Ernesto De la Cárcova  et Nexus.

Mais rendez-vous vite au troisième étage, car c’est selon moi le plus intéressant. Car c’est là où vivait Quinquela Martín. Les parties habitables de son lieu de vie ont été conservées. Ainsi, vous pourrez voir la cuisine, la chambre et la salle de bain du célèbre peintre, toutes ces pièces étant très colorées ! Vous pourrez jeter un oeil à quelques oeuvres du peintre. Des oeuvres qui n’ont cessé de dépeindre et de rendre hommage à ce quartier.  Et des fenêtres du musée, on bénéficie d’une magnifique vue sur le port de la Boca ! Une vue qui a tant inspiré le peintre boquense !

Quinquela Martín

Museo Quinquela Martín – Photo : Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires

Informations générales du musée:

Où ? Av. Don Pedro de Mendoza 1835, La Boca
Quand ? Du mardi au vendredi de 10h à 18h et le weekend de 11h15 à 18h. en janvier et février : du mardi au dimanche de 11h15 à 18h
Combien ? Entrée gratuite mais contribution conseillée de 30 pesos par personne.


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Eva Perón : mais qui était-elle vraiment ?

María Eva Duarte de Perón, née à Junin dans la province de Buenos Aires le 7 mai 1919 est une des figures politiques les plus importantes d’Argentine. Au delà de cela, celle qui était actrice est devenue une idole pour les femmes argentines. En effet, Eva Perón a lutté pour les droits de la femme et leur a permi d’accéder notamment au droit de vote. Portrait d’une femme pas comme les autres.

Eva Perón

Eva Perón – Photo : Wikipédia

L’enfance d’Eva Perón

Elle est la fille de Juan Duarte et Juana Ibarguren. Elle grandit à la campagne jusqu’en 1926 lorsque son père décéda. Ainsi sa mère et elle allèrent s’installer à Junin.

Très vite, Eva se revéla par ses talents dans les matières artistiques. Si les études ne l’interessaient pas trop, elle devint vite amoureuse du cinéma et du métier d’acteur. Et c’est pour accomplir ce rêve d’enfant qu’Eva décide de quitter sa famille à seulement 15 ans. Direction donc Buenos Aires pour cette fille dont le talent est vraiment singulier !

Sa vie de comédienne

Evita arrive à Buenos Aires en janvier 1935. Pendant plusieurs années elle vivra pauvrement, ne jouant que de manière intermittente dans des compagnies de théâtre. Les premières années furent difficiles et Eva n’arrivait pas à percer.
Finalement  c’est en tant que présentatrice et actrice de “radio-théâtre” qu’elle commencera à connaitre le succès. Puis en 1942, Eva pouvait commencer à réellement vivre de son métier lorsqu’elle signa un contrat avec la Compañia Candilejas. Elle travaillait quotidiennement sur un programme de radio-théâtre intitulé “Les grandes femmes de tous les temps”. C’est ce programme qui l’a véritablement révélé aux yeux du grand public. Elle commenca même à apparaitre de plus en plus fréquemment au cinéma. Bref, entre le cinéma et le “radio-théâtre”, elle est alors l’une des actrices les plus en vues en Argentine, et surtout l’une des mieux payées.

Voyant sa popularité monter en fleche, Eva commence aussi à s’engager syndicalement en août 1943. Elle fut l’une des fondatrices de l’Association Radiale Argentine (ARA), le premier syndicat des employés de la radio.

Sa rencontre avec Juan Domingo Perón

Pour comprendre le péronisme, il faut bien avoir en tête qu’à cette époque l’Argentine traverse un moment crucial.

  • Économiquement, la production industrielle finit par dépasser complètement la production agricole.
  • Socialement le pays connait alors une grande migration interne avec l’arrivée en ville de nombreux paysans poussés par le développement industriel.
  • Politiquement, devant la corruption scandaleuse du gouvernement d’alors un coup d’état à lieu le 4 juin 1943 entamant une période confuse de réorganisation des forces politiques.

À ce moment un groupe de syndicalistes établit des contacts avec des jeunes officiers. C’est ainsi que les colonels Juan Perón et Domingo Mercante se retrouvent à la tête du groupe militaire qui appuie le programme du syndicalisme argentin. Cette alliance militaire-syndicat obtient de nombreuses victoires et gagne donc l’appui du peuple, lui permettant d’occuper progressivement des places importantes au gouvernement.

Eva rencontre Perón le 22 janvier 1944 à un meeting au stade Luna Park organisé par le Secrétariat du Travail. En février le couple vivait déjà ensemble.
Eva de son côté continue sa carrière artistique. Elle travaille dans trois programmes de radios et joue dans deux films. La même année l’ARA l’élit présidente.

Eva Perón

Eva y Juan Domingo Perón – Photo : Wikipédia

 

Le début du Péronisme

L’année 1945 fut une année charnière pour l’histoire argentine. La confrontation entre les différentes fractions sociales s’exacerba en une opposition péronistes antipéronistes. Le 8 octobre a lieu un coup d’état, mal organisé, mené par le général Eduardo Àvalos, leader des antipéronistes. Juan Domingo Perón est alors detenu prisonnier chez lui. Mais les syndicalistes se mobilisent et obtiennent sa liberté.

Eva commence ouvertement sa carrière politique accompagnant Perón dans sa campagne électorale pour les présidentielles de 1946. C’était alors la première fois dans l’histoire argentine qu’une femme participait à des évènements politiques.

Le 24 février Juan Perón sort vainqueur des élections avec 54% des votes

Eva Perón

Eva y Juan Domingo Perón – Photo : Wikipédia

Le symbole Eva Perón

Eva Perón est devenue plus qu’une simple actrice ou femme politique. Elle est devenue un vrai symbole ! De par sa sensibilité, sa proximité avec les gens, mais surtout de par les actions qu’elle a menées. Comme dit précedemment, elle a milité pour le droit de vote des femmes, ce qui fut une révolution dans une société très machiste. Ensuite, en 1949, elle a créé le parti péroniste féminin, premier parti politique féminin. Ce parti obtint tout de même 23 députées nationales et 6 sénatrices aux législatives de la même année. Par ailleurs, elle a également créé la fondation Eva Perón pour développer un grand nombres de mesures sociales : création d’hôpitaux, d’écoles, de colonies de vacances, des bourses pour étudiants.

Bref, Evita, surnom affectif qu’on lui attribuait, ce n’était pas que des mots, c’était également et surtout des actions forte. Actions qui ont considérablement amélioré la condition sociale des femmes.

Ses dernieres années

Ce symbole Evita est d’autant plus fort que sa mort fut tragique. En effet, Eva Perón décède à seulement 33 ans !
Tout d’abord en 1950, les premiers signes de la maladie se font sentir. Elle s’évanouira plusieurs fois en public. Cependant, elle continue ses actions politiques malgré la maladie qui gagne du terrain. D’ailleurs elle prononcera des discours marquants, allant même jusqu’à mentionner sa propre mort.

En 1951, l’état d’Evita s’aggrave fortement. D’ailleurs c’est depuis son lit qu’elle votera aux presidentielles qui ont vu son mari se faire réelire.
Finalement, après 2 ans de maladie, Eva Perón décède d’un cancer du col de l’utérus le 26 juillet 1952.

En conclusion, Eva Perón est un symbole en Argentine. Que ce soit de par sa personnalité généreuse ou de par ses actions politiques décisives. De plus, le fait qu’elle soit décèdée si jeune et si tragiquement l’a encore plus érigé au rang de symbole, voire même d’idole pour certains.


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Zoom sur Pedro de Mendoza : fondateur de la capitale

Si son nom peut légitimement nous paraître inconnu, Pedro de Mendoza est un personnage important dans l’histoire de l’Argentine. Dans la lignée des grands navigateurs et s’inscrivant parfaitement dans l’époque des grandes découvertes, cet espagnol a passé une bonne partie de sa vie à s’intéresser au continent sudaméricain. Portrait d’un personnage atypique, premier fondateur de la ville de Buenos Aires !

 Pedro de Mendoza

Memorial Pedro de Mendoza- Photo : Wikipédia

 

Pedro de Mendoza : au service du roi d’Espagne

Pedro de Mendoza est un militaire et un conquistador espagnol, né à Guadix en Espagne vers 1487 et mort en mer au large des Canaries le 23 juin 1537. Il appartient à la famille aristocratique castillane des Mendoza, titulaires du Duché de l’Infantado. En tant que proche de la cour du roi Carlos I (Charles V), il mène une vie courtisane. Aussi, apprend-il l’art de la guerre en combattant les Français en Italie.

En 1524, il reçoit le titre de Chevalier d’Alcantara puis le titre pour l’Ordre de Santiago. Il participe en 1527 à la guerre qui opposent les troupes de Charles V à celles des Etats Pontificaux dirigées par le Pape Clément VII, guerre qui se terminera par le pillage de Rome, duquel Pedro de Mendoza tirera des bénéfices.

En 1534, le roi le place à la tête d’une expédition destinée à pénétrer l’intérieur de l’Amérique du Sud via ses côtes orientales. Le but était de devancer les portugais afin de s’emparer des fabuleuses richesses dont parlaient les légendes indiennes.

Au cours de cette expédition Pedro de Mendoza découvre et commence à conquérir le Paraguay et le Rio de la Plata (Argentine), des territoires d’une grande importance économique et stratégique pour l’Espagne puisque les Portugais, ayant découvert le Brésil en 1500 avec Pedro Alvares Cabral, menaçaient alors d’étendre leur territoire jusqu’au Rio de la Plata. Cependant le roi n’avait plus assez d’argent et d’hommes pour continuer ces expéditions et maintenir la position espagnole dans ce continent.

La fondation de Buenos Aires

C’est alors que Pedro de Mendoza proposa lui-même de financer l’expédition. En échange, il obtint de grands pouvoirs dans son entreprise de conquête et de colonisation. En effet, il est  nommé Adelantado, Gouverneur et Capitaine général d’un immense territoire.

Il part de Sanlúcar de Barrameda (province de Cadix) avec 13 navires et 3000 hommes le 24 août 1535. Le 2 février 1536, il fonde dans l’estuaire du Río de La Plata la ville de Nuestra Señora del Buen Aire à laquelle il donne ce nom en l’honneur de la Vierge, patronne des marins de la Sardaigne. Ainsi était née l’ancêtre de Buenos Aires

L’objectif de Pedro de Mendoza était de construire trois forteresses pour sécuriser une route entre le Rio de la Plata et l’Océan Pacifique. Cependant personne n’avait alors pris en compte l’étendue du territoire et l’obstacle majeur que représentait la Cordillère des Andes.

Un sentiment d’inachevé et une fin tragique

Les difficultés commencent alors pour Pedro de Mendoza. Atteint de la syphilis, il doit faire face aux attaques des indigènes et à la famine.

La première ville de Buenos Aires se trouve dans une zone marécageuse et insalubre, infectée de moustiques qui véhiculent les maladies et les épidémies. Le manque de nourriture pousse les espagnols à s’aventurer dans la pampa où ils se font massacrer par les indiens Querandíes. C’est au cours d’un de ces affrontements que Diego de Mendoza, le frère de Pedro de Mendoza, se fait tuer le 15 juin 1536, près de la ville de Lujan. Les Querandíes décident alors de faire le siège de Buenos Aires. Au cours d’une de leurs nombreuses attaques, ils l’investissent et l’incendient. La ville est détruite en décembre 1536. Alors, Pedro de Mendoza et quelques survivants parviennent à échapper au massacre et se réfugient dans le fort de Sancti Spiritu, dans l’actuelle province de Santa Fe en Argentine.

Sa maladie s’aggravant, Pedro de Mendoza décide de rentrer en Espagne le 22 avril 1537. Il laisse à son lieutenant, Juan de Ayolas, la tâche de poursuivre l’expédition en remontant le cours du Paraná, du Paraguay et du Pilcomayo.

Mais Pedro de Mendoza meurt durant la traversée de l’Océan Atlantique le 23 juin 1537, près des îles Canaries. Son corps sera jeté à la mer.

Les espagnols ont appris de ses erreurs

Certes, l’échec de Pedro de Mendoza a retardé l’implantation des Espagnols au Rio de la Plata de 44 ans. Ce n’est que le 11 juin 1580 que la ville de Buenos Aires sera fondée pour la deuxième fois. Cependant les Espagnols ont retenu la leçon et les efforts de Mendoza n’auront pas été vains. En effet, ils décident de s’implanter un peu plus au nord que l’emplacement d’origine, afin d’éviter les zones marécageuses.

En conclusion, malgré ces échecs et sa fin de vie plutôt tragique, Pedro De Mendoza fut et restera l’homme qui, en 1536, a pensé Buenos Aires pour la première fois.


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Zoom sur le tennisman Juan Martín Del Potro

Sans doute le meilleur tennisman Argentin depuis Guillermo Vilas, Juan Martín Del Potro revient aujourd’hui sur le devant de la scène sportive. Né à Tandil en Argentine en 1988, il commence le tennis à 7 ans en tant qu’amateur et devient joueur professionnel à 16 ans, en 2004. Du haut de ses 1,98m, le 5ème joueur mondial au classement ATP en 2009 gagne cette année là contre Roger Federer en finale de l’US Open (tounois du grand chelem) et atteint les demi-finales de Roland Garros : c’est le point culminant de sa carrière sportive. Ses blessures aux poignets droit et gauche l’ont empêché de rester dans les cinq meilleurs joueurs du monde mais sa force mentale l’a poussé à revenir et poursuivre sa carrière. “Je ne pense pas en avoir fini avec le tennis, je veux que vous sachiez que je me bats toujours pour revenir” avait-il déclaré en octobre 2015 sur son compte twitter.

Del Potro - Almagro

Del Potro – Photo : Wikipédia

Del Potro : qui est-il ?

Sa personnalité

J.M Del Potro naît à Tandil, province de Buenos Aires, où sont également nés Juan Mónaco, Mariano Zabaleta et Máximo González, trois autres stars du tennis Argentin. On le surnome “La tour” du fait de sa grande taille. Fan de Football et du Club de la Boca, il déclare même un jour, sur le ton de l’humour, aimer un peu plus le football que le tennis. Il a tout de même en 2012 demandé à déplacer son match de grand chelem de Wimbledon pour pouvoir regarder la finale de la Copa Libertadores.
Mais Del Potro, c’est surtout un battant. Après trois opérations au poignet gauche et presque deux ans d’absence alors qu’il brillait au 5ème rang mondial, DelPo ne renonce pas à son rêve de revenir sur le court. “Impatient de rentrer sur le court, faire mon signe de croix, regarder le ciel et vibrer à nouveau” a-t-il déclaré, passionné. Il rejouera en effet la coupe Davis avec son compatriote Juan Mónaco en juillet 2016.

Son style de jeu ?

Contrairement à la grande majorité des joueurs Argentins et Espagnols, sa surface de prédilection est le dur, et non pas la terre battue. En effet son coup droit surpuissant est mis en valeur sur cette surface plus rapide. De la même manière son revers à deux mains très puissant lui permet de jouer fort depuis le fond du court. Cependant à cause de sa grande taille, sa petite faiblesse, c’est les balles basses et écrasées.

Sa Carrière professionnelle

2004 : Début de sa carrière professionnelle au rang 1077 classement ATP. Il a 16 ans.
2005 : C’est le déclic ! Il gagne quatre tournois “Future” et un “challenger” desquels il n’avait pas même passé le premier tour en 2004. il est propulsé au 157ème rang mondial … à seulement 17 ans.
2009 : Son année de gloire ! Del Potro bat Roger Federer en finale de l’US Open et atteint les demi-finales du grand chelem de Roland Garros ! Il est alors 5ème joueur mondial classement ATP.
2010 : Del Potro subit une très lourde opération au poignet gauche qui l’empêche de jouer son revers à deux mains. Il restera 11 mois sans jouer et reviendra à la 258ème place mondiale…
2011-2012-2013 : “La Torre” revient dans le top des meilleurs joueurs du monde en finissant respectivement au 11e, 7e et 5e rang mondial.
2015 : DelPo doit subir une autre opération au poignet et ne sera de retour que pour 2016

Lors de la défaite lors de son retour en 2016 contre un autre Argentin Zeballos, Delpo dira “Il n’y a rien d’étonnant à cette défaite, je vais continuer de m’entrainer“. Ce joueur se caractérise définitivement par sa volonté de gagner et sa détermination pour chaque match !

“¡Vamos DelPo!”


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Jorge Luis Borges : portrait du célèbre auteur argentin

Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo, plus connu sous le nom de Jorge Luis Borges est un célèbre écrivain et poète argentin, né le 24 août 1899 à Buenos Aires et décédé le 14 juin 1986 à Genève. Mondialement célèbre, ses œuvres sont considérées comme étant des classiques de la littérature du XXème siècle.

Jorge Luis Borges

Jorge Luis Borges – Photo : Wikipédia

Son enfance, ses débuts

Jorge Luis Borges est né dans une famille culturellement riche : son père, Jorge Guillermo Borges était avocat, professeur de psychologie et amateur de littérature. Sa mère, Leonor Acevedo Suárez, était traductrice. La famille de son père était pour partie espagnole, portugaise et anglaise et celle de sa mère espagnole ainsi que portugaise. Cette mixité culturelle influence Borges, qui dès sa plus tendre enfance est bilingue, parlant aussi bien l’anglais que l’espagnol.

Après la Première Guerre mondiale, la famille Borges déménage sans cesse, s’installant à Genève, à Barcelone, à Majorque, Séville puis Madrid. En Espagne, Borges découvre un mouvement littéraire d’avant-garde ultraïste et commence à écrire des poèmes. Il publie notamment son premier poème intitulé Himno al mar, en 1919 dans la revue Grecia.

Accompagné de sa famille, il retourne à Buenos Aires en 1921 et continue de publier ses poèmes et essais. Il traduit également des livres d’auteurs prestigieux comme Kafka ou Faulkner. Il fonde également des revues telles que Prisma, dont furent publiés deux numéros. En 1924, il fonde une autre revue, Proa, en collaboration avec d’autres auteurs argentins, notamment Ricardo Güiraldes et Pablo Rojas Paz. En 1923, il publie son premier recueil de poésies intitulé Ferveur de Buenos Aires. Il acquiert une certaine notoriété grâce à ses nouvelles, ses poèmes mais également ses critiques littéraires. Curieux de tout, il écrit même des récits policiers ainsi que des chansons.

En 1938, grâce au poète Francisco Luis Bernárdez, il obtient un emploi dans une bibliothèque municipale de Buenos Aires, dans le quartier de Boedo. La même année, il est victime d’un accident, sa tête se cogne contre une fenêtre, ce qui lui causera des hallucinations et il sera également proche de la septicémie. Durant sa convalescence, il continuera à écrire, notamment le conte fantastique Pierre Ménard, auteur du Quichotte. En 1946, il perd son emploi à la bibliothèque municipale. Proche du gouvernement révolutionnaire qui chasse Juan Perón du pouvoir, il est nommé directeur de la Bibliothèque nationale par celui-ci en 1955, ainsi que membre de l’Académie Argentine des Lettres.

Son succès et sa reconnaissance internationale

Victime de la même maladie que son père, il perd progressivement la vue, avant de devenir totalement aveugle en 1955. Il commence alors à se faire lire les livres et la presse par son assistante ou sa mère et leur dicte ses textes. Il écrit : « Ma cécité avait progressé régulièrement dès mes 8 ans en 1927. J’ai subit 8 opérations mais en 1950 quand j’ai écrit mon poème Los Dones, j’étais déjà presque aveugle à force de lire et d’écrire. La cécité a régné sur ma famille, comme elle a régné sur les deux derniers directeurs de la Bibliothèque Nationale. »

Enseignant dans des universités prestigieuses, son handicap ne le gêne pas. En 1961, il reçoit notamment le prix Formentor aux côtés de Samuel Beckett. En 1962, il est fait Commandeur des Arts et des Lettres, sur proposition d’André Malraux, ministre français de la culture. En 1965, il est décoré de l’Ordre du Soleil au Pérou et fait Chevalier de l’Empire Britannique. Deux ans après, il part aux Etats-Unis et occupe la chaire de poésie à l’université de Harvard. En 1968, il est nommé membre honoraire étranger de l’Académie des Arts et des Sciences de Boston. Il est également élevé au grade de Grand Officier de l’Ordre du Mérite par l’ambassadeur d’Italie en Argentine. En 1973, la municipalité de Buenos Aires lui décerne le titre de citoyen illustre. En 1983, il est fait Commandeur de la Légion d’Honneur à Paris par François Mitterrand, président de la France.

Son oeuvre et ses thèmes de prédilection

Durant sa carrière d’écrivain, il est connu pour avoir écrit des sonnets en français et en anglais, des psaumes érotiques, des contes fantastiques ou réalistes, des romans, des essais, des biographies, des traductions, des scénarios de films, des anthologies, des nouvelles, des recueils de poèmes. Il a enseigné principalement la littérature anglaise et en 1976, il est invité comme orateur principal au premier congrès mondial sur Shakespeare, à Washington, aux États-Unis.

Parmi ses oeuvres les plus connues on retrouve notamment les recueils Fictions (1944), L’Aleph (1949), Le livre de sable (1975) ou encore Neuf essais sur Dante (1982).

Il entame toute une série de voyages après la mort de la mère en 1975, en Europe, en Amérique du Sud et Centrale et aux Etats-Unis, avant de décéder d’un cancer à Genève en 1986.


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María Elena Walsh, celle qui marqua l’enfance en Argentine

María Elena Walsh (1930-2011), fut une icône de la culture argentine. Auteur, compositeur, chanteuse et brillante dramaturge, elle fut une référence artistique et sociale inégalable qui marqua l’enfance des argentins durant les quatre dernières générations.

María Elena Walsh, 1971

Biographie

María Elena Walsh est née dans le quartier de Ramos Mejia, a Buenos Aires, en 1930. Son père, agent ferroviaire anglais, joue du piano et chante des chansons de sa patrie. Sa mère quant à elle est Argentine avec des racines andalouses. María a grandi dans une grande batisse, entourée d’animaux et de plantes. Timide et rebelle, elle lisait beaucoup et publia son premier poème à l’âge de 15 ans dans la revue El Hogar. Peu après, elle écrivit dans le journal La Nación.

Un an après avoir fini ses études à l’Ecole Nationale des Beaux Arts, elle publia son premier livre (en 1947) « Otoño Imperdonable » qui reçoit le second prix Municipal de Poesie et est vanté par la critique et les écrivains hispanoamericains les plus importants. À partir de là, sa vie connait un bouleversement : elle commence à fréquenter les cercles littéraires et universitaires et écrit des essais. En 1949, elle voyaga aux Etat-Unis, invitée par Juan Ramon Jimenez. Dans les années 50, elle publia « Baladas con un Angel » et s’exile a Paris, avec Leda Valladares. C’est alors qu’elle commenca à écrire des vers pour les enfants. Elles deux créent là-bas le disque « le Chant du Monde ».

Elle fit partie du mouvement littéraire La Plata, et entre 1951 et 1963 forme le duo Leda y Maria avec la chanteuse folklorique Leda Valladares. Entre 1985 et 1989, elle fut designée par le President Raul Alfonsín pour intégrer le Consejo para la Consolidacion de la Democracia. En 1985, elle fut nommée Citoyenne Illustre de Buenos Aires, en 1990 Doctor Honoris Causa de l’Universite Nationale de Córdoba, et Personnage Illustre de la province de Buenos Aires. Elle meurt le 10 Janvier 2011. L’auteur repose désormais au cimetière de la Chacarita, à Buenos Aires.

Ses oeuvres

Particulièrement connue pour ses œuvres infantiles, elle créa le personnage de Manuelita la Tortuga (dessin animé connu de 1999) et les livres Tutu Maramba, El reino del revés (le royaume de l’envers), et Dailan Kifki. Elle est aussi à l’origine des fameuses chansons populaires pour adultes, comme « Como la cigarra », « Serena para la tierra de uno » et « El valle y el volcan ».

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Pendant toute sa carrière, elle a enregistré plus de 20 disques et écrit plus de 50 livres. Ses personnages et ses chansons ont traversé les frontières. Aujourd’hui, génération après génération, ses thèmes sont chantés par des milliers d’enfants argentins. Cette artiste complète est une véritable jongleuse, quand elle chante ses poésies, mais aussi quand elle dénonce subliminalement les principales questions sociales. Toute sa rébellion, son opposition, son amour de la Nature et pour les enfants se reflètent dans ses nombreux poèmes, contes, chansons, essais et articles.


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