L’événement belge Art & Swap débarque à Buenos Aires!

Si vous êtes belge, vous avez sûrement entendu parler de l’événement Art Truc Troc qui se déroule chaque année à Bruxelles. La première édition de Art Truc Troc débarque à Buenos Aires sous le nom de Art & Swap ! L’événement regroupant artistes, passionnés, musique, food truck, se déroulera dans le quartier Recoleta du 19 au 21 mai. Ce tout nouveau concept artistique qui séduit énormément en Belgique, vient donc pour la première fois se dérouler en Amérique Latine ! Partage, découverte, communion et originalité sont les maîtres-mots de Art & Swap !

 Street Art – Pexels

Art & Swap, qu’est ce que c’est?

Art & Swap est un tout nouveau concept artistique développé en Belgique il y a 13 ans. Se réunissent à cet événement de nombreux artistes professionnels et amateurs. On y trouve de tout ! Peintres, sculpteurs, photographes, dessinateurs seront là pour vous exposer leurs plus belles œuvres et même vous montrer leurs talents en direct ! Toutefois, vous ne serez pas seulement spectateurs ! Les visiteurs ont en effet l‘opportunité de s’approprier l’oeuvre qui leur plaît par l’intermédiaire d’un échange spécial… Et oui, fini les pièces de monnaie, les billets, ici nous retrouvons le troc !

C’est donc muni de post-it que vous vous baladerez et découvrirez les œuvres exposées ! Un tableau vous plaît? Utilisez votre post-it, et inscrivez l’offre que vous êtes prêt à faire pour obtenir le tableau ! Cela peut aller du cours de cuisine, au prêt de moto, ou invitation au restaurant ! Laissez votre imagination parler et proposez quelque chose qui pourra plaire à l’artiste. S’il est séduit par votre offre, vous pourrez donc faire votre troc : oeuvre contre service proposé ! Mais attention, vous ne serez sûrement pas les seuls à vouloir les œuvres. Il ne sera donc pas rare de trouver un tableau exposé avec des nombreux post-it autour !

Tableau de Art Truc Troc de Bruxelles – Digital Brussels 

Art & Swap à Buenos Aires

L’événement se déroulera dans le quartier Recoleta les 19, 20 et 21 mai et présentera les œuvres de plus de 50 artistes ! Ils sont principalement belges et argentins, et démontreront leurs talents en direct et pourront échanger avec les visiteurs. L’entrée est gratuite, et les visiteurs disposeront de post-it pour laisser leurs propositions originales sur les œuvres. De plus, durant l’événement, les artistes collaboreront ensemble pour créer un chemin de couleurs dans le quartier. Ils peindront donc les murs de ce chemin sur plus de 900 mètres ! Vous pourrez admirer ce “camino de color” qui représentera les habitants du quartier afin de transformer ce quartier en lieu artistique.

De plus, durant l’Art & Swap, de nombreuses activités seront organisées. Vous trouverez par exemple des food truck, des groupes de musique, des pistes de skate et de vélo… En résumé tout ce dont vous avez besoin pour passer une bonne journée artistique en famille, ou entre amis !

Infos pratiques 

Où ? Etablissement en face du Pôle Culturel. Rue San Pedro de Jujuy, entre Recoleta et le quartier 31.

Quand ? Vendredi 19 mai de 18 à 22h. Les samedi et dimanche 20 et 21 de 11 à 18h.

Combien ? Entrée libre et gratuite !


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Le top du Street art à Buenos Aires

En quête des plus beaux murs de Street art de la ville de Buenos Aires ? Suivez ces quelques murs qui ont marqué notre attention au cours de quelques balades dans la ville. L’occasion de vous faire découvrir les nombreux quartiers de Buenos Aires et de sortir votre bel appareil photo !

Mur de Frida Kahlo

Mur de frida Kahlo – Source : Candice Barkatz – Equinoxe

Dans le quartier de Palermo, à côté du marché aux puces vous trouverez cet immense mur de Frida Kahlo. Cette oeuvre est tridimensionnelle et joue sur plusieurs plans. Ainsi, si vous regardez en détail, vous avez en surface les bijoux de Frida comme ses boucles d’oreilles ou encore son collier qui, par leur brillant donnent une autre dimension à l’oeuvre. Cette grande oeuvre cache en fait un club qui a ouvert récemment et qui se nomme FRIDHA si vous voulez y faire un tour. Ce mur est donc l’occasion de redécouvrir Frida, la mythique artiste mexicaine, précurseur du droit des femmes, militante du droit politique et social qui a su conquérir le monde avec son art et sa personnalité.

Où ? : Calle Dorrego 1747, Palermo, Buenos Aires

Le street art de La Boca

Le quartier de la Boca abrite notamment le stade de foot de “Boca Juniors”, la Bombonera ce qui veut donc dire que vous trouverez du street art sur le foot mais pas que ! Tout d’abord, à côté du Caminito, arrêtez-vous devant un petit enfant avec un casque de vélo et qui vous fait passer un message à travers son t-shirt : “You only yolo once” ! Profitez de la vie et de chaque moment car vous n’avez qu’une seule occasion : voici le message de ce petit garçon. En petit plus : vous aurez peut-être comme lorsque nous sommes allés le photographier une série de couches sur un fil qui sèchent ce qui rajoute une petite touche à l’oeuvre.

You only yolo once – Source : Candice Barkatz – Equinoxe

Dans le même thème et dans la même rue que le petit garçon, vous avez également une petite fille qui joue en faisant des bulles. Ces œuvres sont une sorte de retour en enfance le temps d’une balade.

Petite fille – Source : Candice Barkatz – Equinoxe

Où ? Calle Dr. El Valle del Iberlucea, à côté de El Caminito, La Boca, Buenos Aires

Pour les fans de foot, une oeuvre toute récente a fait son apparition dans le quartier et représente le joueur de foot argentin : Tevez, véritable idole pour plusieurs pays comme par exemple la Chine, l’Angleterre ou encore l’Italie.

Street art joueur de foot – Source : PasionFutbol

Où ? Complejo Pedro Pompilio, La Boca, Buenos Aires

Le Barrio Chino

Voici des œuvres de street art un peu plus orientales que vous trouverez en vous baladant dans le quartier chinois. Des dessins qui vous feront voyager direction l’orient et qui représentent bien l’ambiance de cette communauté chinoise du quartier de Belgrano. Un des murs de street art est une composition d’oiseaux et de nature chinoise. Vous trouverez ensuite pleins de petits dessins comme la figure d’une dame chinoise et bien d’autres.

Oeuvre du quartier chinois – Source : Candice Barkatz – Equinoxe

Petit plus au hasard de votre chemin

Joker – Source : Candice Barkatz – Equinoxe

: Calle Uriarte 1689, Palermo, Buenos Aires

Devant quelques façades vous trouverez de jolis exemples de street art. Dans le quartier de Palermo, devant le restaurant de Bartola par exemple ou encore las Crepas.

Voici seulement un petit aperçu mais n’hésitez pas à vous balader et à en découvrir de nouveaux sur votre chemin !

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La Calle Lanín : la rue aux mille couleurs !

La ville de Buenos Aires est connue pour ses nombreux quartiers où l’art et les couleurs sont omniprésents. De l’ultra-touristique caminito du quartier de La Boca, au street art de Palermo en passant par les peintures murales du métro… Bref, les exemples sont nombreux ! Et c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles Buenos Aires est une ville si agréable à vivre ! Dans la lignée de ces exemples, aujourd’hui nous vous parlons de la Calle Lanín !

Calle Lanín

Calle Lanín- Photo : Wikipédia

Présentation générale de la Calle Lanín

La Calle Lanín est située dans le quartier de Barracas, dans Buenos Aires. Elle commence à la rue Brandsen 2100 et se termine à l’avenue Suárez, 2001. Avant, elle s’appelait « Pasaje Silva ». D’ailleurs l’origine de ce nom était inconnue. Finalement, son nom changea en 1904  pour Lanín. Ce nom fait référence au volcan du même nom, en Patagonie du Nord.

Cette rue, petite et étroite, a la particularité d’être une permanente œuvre d’art urbaine, grâce à un concept et à une réalisation de l’artiste plasticien Marino Santa María. Le projet fut lancé le 19 Avril 2001 et consista à peindre en couleurs 35 devantures d’habitations avec des formes verticales, horizontales et ondulées, prenant en compte les styles antérieurs des maisons.

Calle Lanín

Calle Lanín- Photo : Wikipédia

Une exposition permanente

C’est donc L’artiste Marino Santa María qui eu en premier l’idée de peindre les devantures de maisons. D’ailleurs il n’est absolument pas étonnant que ca soit lui ! En effet il vit dans cette rue, qui abrite également son atelier. Il réalisa son œuvre avec l’aide d’autres collègues. Le projet réussit grâce à de nombreuses aides et accords, notamment avec la Fundación del Banco Ciudad de Buenos Aires, la Secretaría de Cultura de la ciudad, l’entreprise de peinture Alba S.A., la Organización de Estados Iberoamericanos para la Educación, la Ciencia y la Cultura, l’Unesco, et la Corporación Buenos Aires Sur.

Les devantures ont été peintes de manière à être cohérent avec le style architectural de chaque maison. Les habitants de cette rue ont soutenu cette initiative. Certains allant même jusqu’à participer au projet.

Calle Lanín

Calle Lanín- Photo : Wikipédia

Témoignage

Marino Santa María, 19 Avril 2001

« L’objectif n’est pas de transformer la rue en un musée, ni de la rendre piétonne, comme celle du Caminito (La Boca). Le mieux serait qu’on ne perde pas le rythme que nous avons d’aujourd’hui pour que l’art cohabite vraiment avec la vie quotidienne. L’ public n’a pas à avoir une « fonction », il est seulement là pour être à la portée des gens qui ne vont pas dans les musées. »

Vous êtes de passage à Buenos Aires ? Vous y vivez ? Courrez découvrir cette rue aux mille couleurs !


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BA Photo : Une 12ème édition pour promouvoir la photo

Le fameux festival BA Photo revient à Buenos Aires pour la 12ème édition. Venez donc découvrir les talents de demain de la photographie du 13 au 16 octobre. Cependant, cette année, c’est un nouveau lieu qui accueille le festival. En effet, le Centre Culturel de la Recoleta à laissé place a La Rural. Donc si vous êtes amateurs de photographie sous toutes ses formes, alors ce festival est véritablement fait pour vous !

BA Photo

La Rural- Photo : Wikipédia

 

Qu’est ce que BA Photo ?

BA Photo est le plus grand festival de photographie d’Amérique du Sud. Depuis sa création en 2005, BA Photo veut promouvoir le développement de la photographie au niveau international. Et après 10 ans, ce festival a réussi à s’imposer comme un point de référence de la photographie en Amérique Latine. C’est d’ailleurs devenu un lieu de rencontre entre artistes, journalistes, critiques et collectionneurs….

Après 7 années au Palais des Glaces et 4 au Centre Culturel de Recoleta, BA Photo souhaite désormais insuffler une nouvelle dynamique au festival. Par conséquent, cette année le festival s’installe a La Rural, un endroit plus grand qui permettra d’inviter de nouveaux protagonnistes.

Présidée par Diego Costa Peuser et Francisco Medail, cette 12ème édition entend consolider le développement et la promotion de cet art. En comptant cette année notamment sur le soutien d’institutions puissantes, de sponsors, qui rendent possible cette promotion.

Les expositions de cette année

Artista Invitada

Tous les ans, le festival choisit un artiste de notoriété internationale pour être l’invité d’honneur. Ainsi, cette année, c’est une femme qui a été choisie : Claudia Andujar. Née en Suisse, mais désormais Brésilienne, son oeuvre raconte ses premiers pas lors de son arrivée au Brésil.

Photobook Tijuana

BA Photo accueille cette année la Feria Tijuana qui est un festival de photo brésilien. Elle vient présenter une édition spéciale dédiée à la production contemporaine de livres photos en Amérique du Sud.

Links Project

Links Project est une des propositions les plus importantes du festival, dédiée aux conservateurs d’art. A partir de la sélection de galeries participantes, le festival invite un jeune conservateur de musée à choisir une oeuvre d’un photographe et donc à enclencher le dialogue avec celui-ci.

Videoproject

Parce que BA Photo n’est pas seulement qu’un festival de photographie ! En effet, cette année il propose également une exposition de projection de vidéo.

Artista Homenaje

Hommage au photographe Juan Di Sandro, qui tout au long de son oeuvre a fait part de ses inquiétudes quant à l’avenir de la société argentine. Une collection assez sombre mais reconnue comme l’une des plus importantes du XXeme siècle en Argentine.

Pour voir la programmation complète du festival, rendez-vous ici

BA Photo

Le Caminito par Juan Di Sandro – Photo : Wikipédia

 

Infos pratiques

Où ? La Rural, Predio Ferial de Buenos Aires
Pavillon 8
Sarmiento 2704, CABA
Quand ? Du 13 au 16 octobre 2016 – de 14h à 21h
Combien ? À partir de 120 ARS en tarif normal
À partir de 60 ARS pour les retraités et étudiants


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Les peintures murales du métro de Buenos Aires

Les murs de la capitale argentine sont bien souvent recouverts de peintures murales. En effet, la “capitale internationale du street art“, comme aiment souvent l’appeler les adeptes de la discipline, regorge de fresques murales dont la signification varie du symbole politique aux souvenirs de l’histoire argentine. Et cette culture de la peinture murale se retrouve également dans les souterrains porteños. On retrouve dans chaque station des fresques dont la signification est bien particulière et toujours différente.
En collaboration avec la ville de Buenos Aires, les artistes les plus talentueux du pays sont invités à peindre les murs du subtemétro– de la capitale. Depuis le premier janvier 1994, c’est l’entreprise Metrovías, sous contrat avec le gouvernement, qui s’occupe d’animer les souterrains de Buenos Aires. Au-delà des peintures murales, Metrovías organise des évèvenements culturels dans le subte comme par exemple des shows musicaux (jazz, hip hop…).

Peinture murale - Almagro

Peinture murale – Photo : Wikipédia

Les stations de métro emblématiques pour leurs peintures murales

Les plus anciennes : les lignes A et B

Ce qui est aujourd’hui la ligne A du métro de Buenos Aires a été construite en 1909. Avec la ligne B, ce sont les plus anciennes mais pour autant, ce ne sont pas celles qui comportent le plus de peintures murales. Cependant certaines stations de ces lignes sont emblématiques. Par exemple, la station Carlos Gardel, du nom d’un des pères du Tango sur la ligne B, contient de nombreuses peintures murales dont l’auteur est Marino Santa María. Réalisé en mosaïque, le portrait du célèbre chanteur est admiré par de nombreux voyageurs chaque jour. Selon Verónica López Quesada de SBASE (Les souterrains de Buenos Aires) “Ces peintures sont réalisées dans l’idée de se fondre dans le paysage habituel, afin d’améliorer le quotidien des usagers“.

Station Carlos Gardel - Almagro

Station Carlos Gardel – Photo : Wikipédia

Sur la Ligne A, pour fêter le Bicentenaire de l’Indépendance de l’Argentine, la ville de Buenos Aires a invité Carlos Nine à peindre des tableaux à la station Congreso. Les 5 tableaux représentent l’Argentine depuis sa naissance. Ce clin d’oeil culturel pour fêter l’indépendance du pays marque un peu plus son histoire et permet de transmettre cette dernière de génération en genération.

Entre les stations Perú (A) et Catedral (D), une fresque du célèbre Quino représentant Mafalda s’étend sur 15 mètres de long et 1,5 mètres de hauteur. Différente des peintures murales par son style de bande dessinée, l’oeuvre de Quino se fond dans le paysage du subte en ce qu’elle est à part entière un morceau de culture du peuple argentin.

Les liges C, D et E

Comme une thématique, les lignes D et E du metro de Buenos Aires contiennent des peintures murales faisant référence aux coutumes argentines, tandis que la ligne C contient des oeuvres qui rapportent à l’histoire espagnole.

Sur la ligne D du métro, on trouve à Plaza Italia deux oeuvres de Benito Quinquela Martín. Ce peintre originaire de La Boca est une figure de la peinture argentine, connu pour ses peintures de la vie portuaire. On retrouve également à Catedral, sur la ligne D, des peintures de l’histoire de la société argentine entre 1830 et 1930. Pour les fans de football et plus particulièrement de Leo Messi, sachez que la station José Hernandez lui est entièrement dédiée.

Les peintures murales de la ligne C du métro de Buenos Aires sont dédiées à la culture commune espagnole et argentine. De ce fait, si vous faites un arrêt à Avenida de Mayo, vous pourrez observer une grande peinture murale en hommage à la fraternité entre les deux pays.

Station Avenida de Mayo - Almagro - peintures

Station Avenida de Mayo – Photo : Wikipédia

La lutte contre les graffitis

En réalité, les peintures murales que l’on peut voir dans les Subte sont réalisées par des professionels qui sont souvent des personnages connus et emblématiques : Quino, Quinquela Martín, etc. En effet, si Metrovías promeut les peintures murales, l’entreprise se bat contre les graffitis souterrains. Le 16 mai 2014, un groupe de personnes a été pris en train de “tagguer” les wagons du subte de la ligne D. La ville de Buenos Aires a considéré cela comme un acte de vandalisme et un des auteurs des graffitis a été forcé de réaliser des travaux d’intéret général.

Un an plus tôt, SBASE avait mis en place un “plan d’améliorations” qui visait à améliorer le confort des usager du Subte. Dans ce plan, SBASE prévoyait d’effacer les graffitis présents dans les stations et d’installer des caméras de sécurité pour lutter contre le vandalisme. Ainsi, SBASE agit réelement contre le graffiti dans le métro qui est considéré, à l’inverse des peintures murales, comme salissant le paysage public.

En conclusion, le graffiti est lui-même considéré comme un vandalisme. La ville de Buenos Aires se félicitait en fin 2015 sur Twitter d’avoir “réduit de moitié le vandalisme dans le métro de la capitale” accompagné d’une photo d’un wagon nettoyé des graffitis.

Graffiti dans le subte - Almagro

Graffiti dans le subte – Photo : Wikipédia


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Le graffiti à Buenos Aires : Un art comme les autres ?

Le graffiti est un art de rue, souvent controversé, qui consiste à dessiner sur les murs. Cet art existe depuis longtemps mais, à Buenos Aires, il s’est très largement développé suite à la crise économique et sociale de 2001. A cette période on pouvait voir inscrit sur les murs de la capitale ce fameux message : “Qu’ils s’en aillent tous“. Un message des manifestant réclamant la démission des membres du gouvernement jugés incompétents. Vous l’aurez compris, le graffiti est un moyen d’expression populaire dont le but est de faire passer un message fort en dénonçant ou au contraire en soutenant, mais toujours avec une subtilité qui prend souvent la forme d’un humour satirique et anticonformiste. Par ses oeuvres graphiques sur les murs de la capitale, Buenos Aires prend des allures de musée à l’air libre. En effet, plusieurs agences et entreprises vous proposent désormais une visite guidée des plus beaux graffitis de la capitale.

 Graffiti, Palermo soho

Graffiti, Palermo soho – Photo : Flickr

Evolution historique du graffiti à Buenos Aires

Très fortement réprimé pendant la dictature militaire de 1976 à 1983, le street Art est aujourd’hui, d’un point de vue juridique, illégal mais très peu condamné. Il est bien plus toléré et même parfois encouragé par les autorités publiques ainsi que les résidents ! Que s’est-il passé pour en arriver là ?

La crise de 2001 ! C’est la date à laquelle on commence à observer l’essor du street Art notamment en Argentine. Les protestations contre les responsables de la crise se multiplient et le street Art apparaît alors comme un canal très efficace de l’expression du peuple. En effet, difficile de ne pas remarquer ces grandes fresques hautes de 5 mètres sur les murs de la capitale Argentine. Ainsi à la portée de tous elles se sont petit à petit, depuis 2001, fondues au décor de la ville. Mais les graffitis sont éphémères : ils peuvent être recouverts de peinture, d’un autre graffiti ou encore endommagés par les intempéries. Le street art de Buenos Aires est en cela une discipline à la fois puissante, par son évidence visuelle, et en évolution constante, par son caractère éphémère.

Le Graffiti : Un Art conscient

Le graffiti fait maintenant partie des diverses formes d’art en Argentine et ce, à part entière. Longtemps considéré comme étant un acte de vandalisme, certains adeptes se sont débrouillés pour en faire cependant un art respectable. C’est la voix de la masse, une façon de transgresser les règles ou de crier haut et fort un fait ou un mécontentement général, à priori. Il sert par ailleurs pour plusieurs de toile grandeur nature, de lieu pour laisser libre court à l’imagination, à la créativité. Il est un art visuel qui offre beaucoup de visibilité et une manière bien particulière d’afficher un désir d’être subversif et coloré. Ce côté subversif que l’on retrouve dans une grande partie de la culture urbaine permet avant tout de dénoncer, souvent un fait ou une opinion politique à laquelle une partie de la population n’adhère pas.

Le graffiti ci-dessous par exemple, de manière subtile, adresse une critique a la société de consommation en montrant un homme qui vit de son business grâce aux déchets des consommateurs.

 Tu basura es mi tresor

Tu basura es mi tresor – Photo : Wikipédia

Le 28 juillet 2015 l’OBS titre “A Buenos Aires, le street art s’attaque au vandalisme de rue“. Le Magazine nous décrit un immeuble du quartier populaire “Tres de febrero” en banlieue de Buenos Aires : “Un immeuble entaché de graffitis indéchiffrables”. Dans cet immeuble, les résidents n’ont pas assez d’argent pour faire repeindre le mur, ainsi ils ont décidé de faire appel à Andrés Rotundo Fraga, un amateur confirmé, pour dessiner par dessus les semblants de graffitis préexistants. Son graffiti va donc répendre l’art et la culture dans un lieu public, selon les résidents qui lui ont donné leur accord.

Plus largement, pour encourager les œuvres urbaines, la ville de Buenos Aires dépense 60.000 USD par an, confie Patricio Di Stefano, sous-secrétaire de l’espace public pour Buenos Aires. Ainsi dans la capitale Argentine le graffiti est de plus en plus considéré comme un art, une culture comme les autres, en plein espace public.

Pour les curieux …

  • Faites une visite guidée des plus beaux graffitis de Buenos Aires ! ce tour de “Arte Callejero” -art de rue- vous est proposé par Graffitimundo. Cette visite de 3h en passant par les quartiers de Colegiales, Chacarita, Villa Crespo et Palermo, va vous en faire connaitre bien davantage sur l’histoire de la culture street art à Buenos Aires. Pour en savoir plus, rendez-vous sur leur site
    L’agence BA street Art vous propose le même service. Voici leur site.
  • Iniciez vous au Street Art avec des ateliers organisés par Graffitimundo ! Pendant 4h, vous profitez d’un discours sur l’histoire du street Art à Buenos Aires, puis c’est à vous de créer votre chef d’oeuvre !
  • Visitez et/ou achetez des oeuvres de street art sur toile à la union gallery : C’est une galerie créée en mars 2014 par Graffitimundo, dans le but de donner de la visibilité aux oeuvres des artistes urbains sud-américains.
    Où ? Costa Rica 5929 à Palermo.
    Quand ? Seulement sur réservation sur leur site.De même allez faire un tour du côté de la galerie Hollywood in Cambodia, galerie d’art fondée en 2006 et située dans un bar de Palermo, le Post street bar. Plus d’infos sur leur site.
    Où ? Thames 1885, 1er étage, Palermo.
    Quand ? Du jeudi au dimanche de 17h à 21h.

Tous à vos appareils photos, allez arpenter les rues de Buenos Aires, les graffitis sont éphémères !


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Rooftops et terrasses pour sortir à Buenos Aires

Quand le soleil et la chaleur sont au rendez-vous, on est tous d’accord pour dire qu’on préfère être en terrasse plutôt qu’enfermé dans l’obscurité des bars! Alors quoi de mieux que de profiter d’un brunch, d’un repas ou juste d’un verre sur un toit terrasse ou jardin de Buenos Aires, histoire d’échapper du brouhaha de la ville!

Sky Bar – Hotel Pulitzer

Nous vous proposons à vous qui avez envie de boire un verre en terrasse les cheveux au vent, une petite sélection de bars/restaurants!

Decata – Palermo Hollywood ou Palermo Soho

Votre soirée de samedi était difficile, chaque bruit de klaxon résonne dans votre tête, c’est le meilleur moment pour reprendre des force autour d’un brunch bien copieux! C’est ce que le Decata vous propose café au lait, jus d’orange pressé, scons, œufs brouillés et lard, yaourt, granola et salade de fruit, wraps au poulet et aux oignons avec sa sauce miel/moutarde. Le tout sur le toit terrasse dans une ambiance maison de campagne pour Palermo Hollywood ou ambiance jardin des plantes à Palermo Soho, n’oubliez pas vos lunettes de soleil!

Je veux y aller, c’est où? Honduras 6100 – Hollywood   Gorriti 4865 – Soho/ Tous les jours de 8h à 21h

C’est cher?  $$ 

Café de la fondation Proa – La Boca

Après vous être promené dans le quartier de La Boca et être passé par les expositions qu’offre la fondation, il est tant pour une pause plus qu’agréable au café-restaurant de la Fundación ProaL’endroit est lumineux, le style épuré et la déco très design.Vous aurez la vue sur Puente Avellaneda et le fleuve Riachuelo-Matanza. Petite particularité, le menu indique combien de calories vous allez ingérer; de quoi penser à deux fois avant de commander la grosse tarte au dulce de leche qui vous faisait tant rêver!

Je veux y aller, c’est où? Avenida Don Pedro de Mendoza 1929/ Tous les jours sauf le lundi de 11h à 19h

C’est cher? $$$ 

Hernán Gipponi – Palermo Hollywood

Ce restaurant en plein coeur de Palermo Hollywood appartient à l’hôtel Fierro. Le chef Hernán Gipponi met tout son amour dans ses plats et le résultat est grandiose! Le lieu y joue pour beaucoup, le jardin verdoyant est une aubaine dans le centre ville bruyant de Buenos Aires. Tous les vendredis, c’est musique et cocktail pour la happy hour, de quoi bien démarrer votre week end!

Je veux y aller, c’est où? Soler 5862 / Tous les jours de 7h30 à minuit.

C’est cher? $$$ 

Sky Bar – Centro

Perché au 13 étages de l’hôtel Pulitzer, la vue y est impressionnante! Depuis quelques années la mode des “afterwork” à envahi Buenos aires, et le Sky Bar est le lieu par excellence, La musique chillout, bossanova ou soul ainsi que leur longue liste de cocktails vous fera oublier votre longue journée de travail! Quelques soirées musicales sont organisées ouvrez l’oeil!

Je veux y aller, c’est où? Maipú 907 / Du dimanche au mercredi de 17h à minuit et du jeudi au samedi de 17h à 2h.

C’est cher? $$$ 

Clan Artistik – Almagro

C’est là un concept tout particulier, nouveau projet du créateur du feu 610. Ce bar est un resto portes closes et bras ouverts, et on y va parce que c’est l’endroit où l’on retrouve tout le confort de chez soi; l’intimité, la tranquillité, la détente avec en bonus tous les avantages d’un restaurant de première qualité! Caché dans un bâtiment historique du quartier d’Almagro, la carte y est alléchante, variée, flexible et à  «prix d’amis». Un patio central donne toute l’allure au bar,vous y trouverez également un salon avec un canapé, un baby-foot et un petit bar vous accueille, où vous pourrez bavarder avec Esteban le temps qu’il vous prépare un cocktail à la recette secrète!

Je veux y aller, c’est où? Adresse secrète – uniquement sur réservation au 15 6332 5204 / Du jeudi au dimanche à partir de 20h30

C’est cher? $$

La Panadería de Pablo – San Telmo 

Pendant les mois de janvier et février SKYY Vodka avec la production culturel de “Estamos Felices” et “Surface Bookings”occupe la terrasse avec piscine de la Panadería de Pablo. Dernier projet du chef Pablo Massey pour faire vivre la musique électronique. Vous pouvez également dîner au restaurant et déguster de très bon vins et cocktails!

Je veux y aller, c’est où? Defensa 269 / Tous les jours lundi, mardi, mercredi de 9h à 19h et le jeudi, vendredi, 9h à 1h , samedi 11h à 1h et le dimanche 10h à 19h

C’est cher? $$$

Soria BarPalermo Soho

A l’entrée vous passerez la façade arc-en-ciel, avant de pénétrer dans un agréable patio avec sur la gauche un bar stylé, décoré de jeux de lumières. En face, un mur végétal surplombe un espace où se mêlent petits groupes attablés ou debout, un verre à la main. A l’étage, une terrasse avec quelques tables et de chaises de jardin offre la plus grande sérénité. C’est d’avantage un bar qu’un restaurant mais il est quand même possible de dévorer des buffalo wings ou encore des ailes de poulet! L’endroit se transforme en terrain de jeux pour les djs electro, c’est pour cela qu’il n’est pas évident de rentrer après une certaine heure les week ends, pensez à arriver avant 1h!

Je veux y aller, c’est où? Gorriti 5151 / Du mardi au samedi, de 20h à 3h.

C’est cher? $$

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« Humans of Buenos Aires » : des visages sur la ville

Cela fait maintenant 3 ans que la photographe Jimena Mizrahi part régulièrement à la rencontre des habitants de la capitale argentine. L’initiative qui recense aujourd’hui plus de 790 clichés,  reprend le projet « Humans of New York », lancé précédemment  de l’autre côté du continent.

Source: wikipedia

La naissance d’un projet

« Retrato a personas de Buenos Aires. ¿Puedo sacarte una foto?”. Si vous entendez un jour cette phrase alors que vous vous promenez tranquillement dans les rues de la capitale porteña, vous êtes probablement tombé sur Jimena Mizrahi, une jeune photographe de 25 ans. Son projet « Humans of Buenos Aires » s’inspire donc d’un concept lancé quelques temps auparavant  aux Etats-Unis par Brandon Stanton, dont l’idée était de photographier 10 000 new-yorkais, et de mettre des visages sur ces anonymes de la « Gran Manzana ».

Les anonymes au centre de toutes les attentions

Ainsi, depuis mai 2012, la jeune femme part régulièrement à la rencontre des habitants de la ville, afin d’en savoir plus sur ces personnes qui au quotidien font vivre Buenos Aires. A partir de questions simples, elle établit la connexion avec ces inconnus qu’elle tente de connaître un peu mieux.
Elle procède toujours de la même façon : elle va au hasard, monte dans un des nombreux colectivos qui se propose à elle et marche sans trop savoir où aller, jusqu’à tomber sur celui ou celle qui fera l’objet d’une nouvelle interview.

Pourquoi « Humans of Buenos Aires » ?

La photographe raconte qu’elle a reçu son premier appareil photo alors qu’elle avait environ 7 ou 8 ans. A l’époque déjà, la petite fille qu’elle était aimait tout voir et tout essayer. Aujourd’hui, sa vision des choses a changé, elle-même explique que lorsqu’elle était plus jeune, elle voulait tout prendre en photo, se nourrir du plus de choses possible. Aujourd’hui dit-elle « je pense qu’il s’agit peut-être seulement de demander à la personne d’à côté comment est sa vie pour connaître d’autres expériences ».

Les photos se retrouvent ensuite sur sa page facebook, toujours accompagnées d’une mini-biographie des protagonistes. Voici donc un projet humaniste, auquel vous pourriez bien participer sans vous y attendre…


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L’art gauchesque

Exposition Alberto Korda au Centre culturel Borges !

Passionnés par la photo, par l´histoire ou simples curieux, rendez-vous au Centre Culturel Borges, au sein des Galerias Pacífico de la grande rue Florida, pour admirer une exposition inédite d’Alberto Korda, photographe cubain célèbre notamment pour son cliché mondialement connu du Che !

Korda photographiant Che Guevara- Source: Wikipedia

La vie de Korda

C’est en 1928 qu’Alberto Díaz Gutiérrez naît à la Havane, dans le quartier el Cerro. Son père est télégraphiste pour les chemins de fer, sa mère s’occupe de la maison. Il fait des études de commerce, et ses premiers jobs sont dans la publicité ou dans la vente au sein de grandes entreprises comme par exemple le conglomérat Nord-américain Remington Rand. Il devient rapidement photographe assistant par hasard, pour “rencontrer des femmes”, confit-il plus tard. Ses premières photos tournent autour de la mode et des femmes. Il ouvre un studio de photographie en 1954 qui porte le nom du pseudonyme par lequel il se fera désormais appeler, Korda. De son statut de photographe privilégié, il est profondément choqué par les inégalités sociales à Cuba. Lorsque la révolution cubaine éclate, c’est pour lui une révélation, il abandonnera la “frivolité” de la mode, pour devenir photographe révolutionnaire.  Il travaille pour le quotidien Habane Revolución, accompagne Fidel Castro au Venezuela puis aux Etats-Unis. Les clichés qu’il prend plaisent à Castro, il devient photographe officiel du révolutionnaire. Il suivra le leader de la révolution cubaine où qu’il aille et aura l’occasion de photographier plusieurs fois Che Guevara

Histoire du portrait mythique du Guerillero Heróico

C’est l’image qui a été la plus reproduite de l´histoire de la photographie ! Et ce portrait mythique a été pris par hasard. Ce cliché du Che a été pris le lendemain de l’explosion d’un bateau français chargé de munitions destinées à la révolution cubaine, sur le port de la Havane. Le 5 mars 1960, le Che, qui avait apporté des soins médicaux aux victimes, se trouve dans la procession funéraire rendant hommage aux 75 personnes tuées lors de l’explosion. Korda voit le Che, est troublé par son expression si déterminée et son air en colère, il prend deux photos de lui avec son Leica M2. Le premier cliché fera le tour du monde.

Venons en à l’exposition…

“Korda: pasión e imagen” est une série de 110 photographies représentant 3 thèmes différents de la vie de Korda : la mode et les femmes, la révolution cubaine, la photographie sous-marine. Ces photos ont été soigneusement sélectionnées parmi les 55000 clichés pris par le photographe durant son existence, elle présentent toutes un grand intérêt et vous plongent au coeur du Cuba des années 50 à 70. On découvre également une autre facette du photographe en dehors du journaliste révolutionnaire : celle d’un homme qui aimait les femmes et qui se plaisait à célébrer leur beauté à travers son art. Sont exposés des portraits de paysannes, de miliciennes et de top models. Puis vous pourrez admirer sa série de photo sur la révolution cubaine montrant des campesinos agitant des drapeaux, de barbudos brandissant des fusils et surtout, Fidel et le Che en train de pêcher, de fumer un cigare ou de jouer au golf.

Infos pratiques 

Où ? Centro Cultural Borges, à l’intérieur des Galerías Pacífico, Florida 737, Buenos Aires.

Quand ? Du lundi au samedi de 10 h à 21h et le dimanche de 12h à 21h. Jusqu’au 13 septembre 2015.

Prix ? A partir de 30 pesos pour les adultes, 25 pour les étudiants et retraités et gratuit pour les moins de 12 ans.


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Buenos Aires et son “arte callejero”

Grands murs blancs, bâtiments à l’abandon et tolérance de l’Etat : Le climat est plus que favorable pour les artistes de rue à Buenos Aires. La ville laisse totalement libre cours à la créativité des artistes locaux et internationaux d’ arte callejero (street art), il suffit que les propriétaires des immeubles donnent leur accord! Buenos Aires s’est ainsi imposée comme une référence dans le domaine du street art. Impossible de vous promener plus de 10 min sans tomber sur un dessin, un graffiti ornant tout un pan de mur de la capitale !

Dessin de Franco Fasoli à Chacarita- Source: Flickr

Buenos Aires : une des capitales mondiales du street art

Ces dernières années, Buenos Aires est devenue une des principales scènes mondiales du street art avec plusieurs milliers de fresques sur les maisons, les écoles, les usines et même les églises. Les murs de la ville sont aujourd’hui illustrés par des artistes locaux comme internationaux. Plusieurs raisons expliquent le développement du street art dans la ville.

arte callejero, c’est d’abord une volonté de la part des Argentins de s’exprimer après la période de dictature militaire, où toute expression artistique urbaine était absolument interdite. Et puis, bien sûr, il y a l’influence de l’Etat. Aujourd’hui, le street art est encouragé par les autorités locales, notamment lorsqu’il permet de masquer les graffitis ayant des propos négatifs, et toute autre forme de vandalisme de rue. Il est très facile légalement de peindre une fresque dans la rue, la législation de la capitale est très souple : il suffit d’obtenir le consentement des propriétaires. Souvent les propriétaires encouragent les artistes à repeindre leurs maisons, car ils savent que les nouvelles fresques vont couvrir les graffitis de mauvais goût, les noms d’équipes de foot et gribouillages politiques qui s’y trouvent… Il arrive même que les propriétaires paient pour avoir des murs décorés et il est fréquent que  les commerçants rémunèrent les artistes urbains pour repeindre leur devanture.

Une attraction pour les touristes

Beaucoup de touristes, une fois avoir fait le tour des principaux lieux touristiques (Casa Rosada, cimetière de Recoleta, San Telmo...), vont se balader dans la ville pour photographier les nombreux “murales” (fresques) de la ville. Les fans de street art viennent du monde entier juste pour les admirer ! Buenos Aires street art et Graffitimundo proposent des visites insolites de la ville, pour découvrir quartier par quartier l’art urbain de la ville. Au programme : Informations sur l´histoire du street art à Buenos Aires, découverte de bars dédiés au street art, rencontres avec les artistes eux-mêmes, petits prix sur leurs oeuvres d’art… nombreux sont les avantages de ces visites !

Plus d’info sur :
 graffitimundo.com/graffiti-street-art-tours-buenos-aires et
buenosairesstreetart.com/product/street-art-tours

Des quartiers désaffectés qui reprennent vie

Villa Urquiza est un quartier du Nord de Buenos Aires où l’art urbain est particulièrement développé. De très grandes surfaces sont peintes par des artistes comme Blu, Martin Ron, Lean Frizzera, El Marian, et Gualicho. Le street art s’y est en fait particulièrement développé car de nombreux bâtiments devaient être démolis pendant la dictature militaire dans le but de construire une nouvelle autoroute, qui n’a jamais vu le jour. Ces immeubles abandonnés ont inspiré de nombreux artistes urbains qui y ont mis leurs couleurs et graffitis. C’est à Villa Urquiza que se trouve la plus grande fresque de Buenos Aires : 412 m2 ont été peints par l’artiste Martín Ron ! Le quartier est le plus grand “distrito de arte urbano” de la capitale.

Le métro : un support clé du street art

Si vous prenez le “subte” à Buenos Aires, vous serez frappés par le nombre de fresques dans les stations de métro ! Le développement de projets street art pour le domaine public a beaucoup contribué à l’augmentation de la popularité de l’art urbain. Depuis 2013, toutes les stations de métro ont été transformées  par différents artistes afin d’égayer le trajet quotidien des porteños ! La station Federico Lacroze de la ligne D est particulièrement riche en fresques street art ! Sur deux plateformes de plus de 100 m chacunes,  on peut observer des dessins représentant une  jungle  avec des animaux, des plantes et des tribus indigènes.

Station Federico Lacroze- Source : Wikipedia

Los “espejos urbanos”

De nombreux artistes peignent des stars du football, des icônes politiques comme Che Guevara, des grands tangueros mais aussi… des habitants de la ville tout à fait ordinaires. C’est le cas d’Alfredo Segatori qui a notamment repeint une usine avec les portraits d’ ouvriers y travaillant et de voisins habitant près de l’usine. En Argentine, il est courant de représenter les propriétaires des immeubles ayant donné à l’artiste l’autorisation de peindre ! Ce phénomène crée de véritables miroirs urbains ou espejos urbanos.

Des festivals et des galleries dédiées au street art

> Union Gallery : Galerie créée en mars 2014 par Graffitimundo, organisation promouvant le street art et ses artistes à Buenos Aires, dans le but de donner de la visibilité aux oeuvres des artistes urbains sud-américains.

Où ?  A San telmo, Carlos Calvo 736.
Quand ? Mondays, Wednesdays and Fridays 12-17hs.

> Hollywood in Cambodia, galerie d’art fondée en 2006 et située dans un bar de Palermo, le Post street bar. 2 salles et une terrasse accueillent de nouvelles expositions tous les mois. Plus d’infos sur : www.hollywoodincambodia.com.ar

>Où ? Thames 1885, 1er étage, Palermo.
>Quand ? Du jeudi au dimanche de 17h à 21h.

>  Meeting of Styles, un festival international de street art créé en 1997, s’est déroulé dans 17 pays dont deux fois en Argentine, à Buenos Aires. La dernière fois, c’était en 2012 !

 Convaincus ? Prenez votre appareil photo et allez arpenter les rues de la capitale pour admirer ces fresques insolites ! 


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