Le Canada et l’Argentine : Une amitié forte !

Nous savons que nous avons beaucoup de nos lecteurs qui sont Canadiens, ainsi nous avons décidé de vous écrire un petit article. Et si vous croyez qu’il n’y a pas sujet à écrire un article sur les relations qui lient le Canada et l’Argentine, croyez-moi vous vous trompez ! En effet bien que discrètes, l’amitié entre ces deux pays est bien plus forte que l’on pourrait le croire !

Drapeau canadien – Pixabay

Des débuts de relations très récentes

Contrairement aux vagues d’immigration européennes qui ont commencé au milieu du XIXème siècle, la présence canadienne sur le sol argentin est quant à elle bien plus récente. En effet il faut remonter il y a moins de 80 ans en arrière, en 1940, pour assister enfin à de vraies relations entre le gouvernement canadien et celui argentin. Ainsi 5 ans plus tard, en 1945 sera l’année où se dressera la première ambassade canadienne en Argentine. Il en sera de même quelques temps plus tard pour la première ambassade argentine au Canada.

Ainsi, le président argentin Arturo Frondizi s’était rendu en 1961 au Canada pour consolider les relations entre les 2 pays. De cette rencontre, va déboucher la création d’un institut argentino-canadien. Cet institut aura pour but d’augmenter les relations dans le domaine de la science, l’éducation et le commerce.

Depuis cette année, les accords commerciaux et les visites entre les 2 pays n’ont cessé de se multiplier. Nous n’allons pas les énumérer un par un au risque de vous ennuyer mais on va énumérer que les plus importants. Il existe par exemple d’importants accords sur le nucléaire entre les deux pays. Il en est de même sur les secteurs miniers. Les accords et partenariats se sont décuplés également depuis 1980 grâce à une dérégulation du marché argentin et une forte démocratisation du pays.

Et aujourd’hui, cela donne quoi ?

Rencontre entre Justin Trudeau et Mauricio Macri en Novembre 2016 – Wikipédia Commons

Bien que méconnues, les relations encore aujourd’hui entre les deux pays sont très fortes. La visite du jeune premier ministre Justin Trudeau en Argentine il y a maintenant un peu moins d’un an en est la preuve. La clef de ces bonnes relations ? Un très grand nombre de points communs entre les deux pays en matière de valeurs démocratiques, de diversité, d’environnement (sur la non-prolifération nucléaire entre autre) et de prospérité.

De même les 2 pays sont particulièrement sensibles sur les enjeux et défis mondiaux. Sensible puisque l’Argentine aura la présidence du G20 en 2018 alors que dans le même temps le Canada aura la présidence du G7. Ce qui tombe bien c’est que les deux pays partagent justement des points presque similaires sur les questions mondiales. Le point commun le plus flagrant ? Celui sur la volonté de maintenir et renforcer le pouvoir de la cour pénale internationale. La cour pénale internationale qui est justement dirigée par l’Argentine Silvia Fernández de Gurmendi.

Autrement, hormis sur le plan commercial, il existe une petite communauté canadienne en Argentine. En 1985, le premier Centre de Documentation canadien a été fondé à Cordoba. L’association des étudiants canadiens a été crée par la suite. Elle est désormais présente dans 6 autres villes (Buenos Aires, Coñahue, Cuyo, la Plata, Rosario et Tucumán). L’association compte de nos jours plus de 500 membres.

Voilà, vous en savez désormais plus sur les rapports entre le Canada et l’Argentine !


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Départ du Trophée Roses des Andes 2017

Ce dimanche 16 avril a débuté la 4eme édition du trophée Roses des Andes en Argentine et se terminera le 27 avril prochain! La majorité des participantes arrivent ce jour à Salta pour débuter l’unique rallye 100% féminin en Amérique du Sud.  Cette aventure, soutenue par la nation argentine, a été déclarée d’intéret national pour la quatrième année consécutive! Zoom sur l’édition 2017.

Trophée Roses des Andes – Edu-via

Le trophée Roses des Andes, qu’est-ce que c’est ?

Le trophée Roses des Andes est un rallye exclusivement destiné aux femmes, dans la tradition des rallyes – raids africains. Cette année se déroulera la 4ème édition en Amérique Latine. Pour les participantes, le but de la compétition est d’arriver chaque jour à une étape différente à bord d’un 4×4, munies d’un road book ainsi que d’une boussole. Le tout, en parcourant un minimum  de kilomètres et en respectant les différents points de contrôle le long du chemin. En effet, la vitesse n’est pas du tout un critère pour départager les concurrentes ! Seul le kilométrage et la traversée des dunes importe dans la compétition !  Plusieurs étapes d’orientation et de parcours en autonomie sont prévues afin de pimenter la compétition ! Chaque étape se conclut le soir par un bivouac.

Qui peut participer ?

Ce sont au total 110  femmes qui vont participer à la compétition cette année. En effet,  55 équipes sont inscrites sur la ligne de départ. Chaque équipe est composée d’une pilote ainsi que d’une co-pilote. Elles viennent de France, de Belgique, du Canada, de Suisse et pour la première fois cette année, il y aura quatre équipes argentines ! Pour participer, il suffit d’avoir plus de 18 ans, de disposer d’un permis de conduire, et bien sûr, d’être de sexe féminin. Plusieurs raisons peuvent vous motiver pour vous inscrire :

>Vivre une aventure hors du commun
>Vous dépasser
>Découvrir une des plus belles régions du monde
>Vous  couper du quotidien

Le parcours de l’édition 2017

Après avoir emprunté l’année dernière les pistes chiliennes et le fabuleux désert d’Atacama, l’édition 2017 nous fera découvrir des paysages toujours plus merveilleux. Le circuit de cette année sillonera la région du nord-ouest argentin, et plus précisemment autour de Salta. Les participantes devront donc s’aventurer à l’altiplano désertique où lacs asséchés, volcans et lamas tutoient les nuages. Cette nouvelle édition permettera donc aux aventurières de traverser des terrains encore plus spéctaculaires!

Fondation d’équinothérapie de Salta – Wikimedia Commons

Une course solidaire et écologique

Depuis la création du Trophée Roses des Andes en 2014, un partenariat solidaire s’est noué entre l’association Enfants Du Désert et même une fondation locale d’équinothérapie à Salta en Argentine.Une thérapie du bonheur qui utilise le cheval comme partenaire thérapeutique auprès d’enfants en situation de handicap.

De plus, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’environnement est une notion très importante pour l’équipe du Trophée Roses des Andes. Ainsi, ils mènent diverses actions :

  • L’organisation du Trophée insiste aussi tout au long du Raid sur l’importance du respect des limitations de vitesse, afin de réduire au minimum la consommation de carburant.
  • Les Road Books sont aussi imprimés sur du papier recyclé.
  • Les équipages roulent sur des pistes existantes.
  • Et d’autres encore…

 

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Retour sur les attentats de l’AMIA en 1994

C’est l’un des épisodes tragiques de l’histoire argentine. Le 18 juillet 1994 a lieu l’un des premiers attentats perpetrés sur le sol argentin. En effet, une voiture piégée explosa en visant un bâtiment abritant plusieurs associations juives, dont l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA). Avec un bilan de 84 morts et 230 blessés, c’est l’attentat le plus meurtrier de l’histoire du pays. Mais il n’a jamais été revendiqué, ce qui n’a pas permis de passer à autre chose. Retour sur une page de l’histoire, toujours pas tournée…

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Attentats AMIA – Crédit photo : Wikipédia

Une enquête irrégulière

C’était il y a 22 ans maintenant. Cependant, la plaie n’est toujours pas refermée. De par une enquête qui a souffert de nombreuses irrégularités et de rebondissements. À l’époque, l’affaire avait été présentée par les autorités argentines (présidence de Carlos Menem), comme un attentat à la voiture piégée fomenté par l’Iran, avec des complicités argentines. Plusieurs Iraniens et Argentins avaient été arrêtés ou inculpés dans la foulée. Par exemple des policiers argentins ont été arrêtés. Autre exemple : en 2005, le juge fédéral Galeano est démis de ses fonctions pour “graves irrégularités”. Il s’en était donc suivi un refroidissement des relations entre les deux pays, pourtant excellentes depuis un siècle.

Les accusations officielles

Le 25 octobre, on reconnait officiellement la responsabilité exclusive de l’Iran. En effet, le procureur fédéral de Buenos Aires, Alberto Nisman accuse officiellement le gouvernement iranien et le mouvement Hezbollah d’être responsables de l’attentat.

Pour défendre cette accusation, Nisman invoque le mobile : celui de punir l’Argentine après la suspension en 1991 de l’assistance nucléaire qu’offrait l’Argentine à l’Iran. Le problème, c’est que l’Iran a toujours nié cette responsabilité. De même, les historiens ne prennent absolument pas cette théorie au sérieux.

2015, l’année du rebondissement

En janvier 2015, Nisman accuse la présidente argentine, Cristina Kirchner, d’avoir levé des accusations pour couvrir un suspect iranien en échange de pétrole à un prix plus qu’avantageux. À peine 10 jours plus tard, le procureur est retrouvé mort à son domicile, une balle dans la tête. Sur son bureau ont été retrouvées plus de 300 pages de dénonciation où figurent des écoutes téléphoniques de la présidente.

Il était censé exposer devant la commission de législation pénale les preuves démontrant les accusations qu’il portait. Une partie de la population argentine s’interroge. En effet, le peuple s’est mobilisé dans tout le pays pour protester contre cette mort et demander justice.

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Les Argentins dans la rue pour Nisman – Crédit photo : Wikipédia

Des événements mis en place pour commémorer les attentats

Si la justice semble traîner, en revanche, la population fait ce qu’elle peut pour ne pas oublier ce tragique événement. Tous les ans, ce sont de nombreux argentins, pas forcément juifs d’ailleurs, qui se réunissent au mémorial. Un moyen d’envoyer un message au gouvernement. Leur faire comprendre qu’ils n’ont pas oublié, et qu’ils espèrent toujours qu’on leur rende justice.

En 2011, une autre initiative a été mise en place. Toujours dans le même but de “se remémorer”.  Environ une trentaine de silhouettes avec le corps et le visage des victimes avaient été disposées dans différents lieux de la capitale. Ces silhouettes retraçaient la vie des victimes avant l’explosion rue Pasteur. Cette initiative était intitulée “Silhouettes pour la Mémoire” et s’inscrivait dans le cadre du 16ème anniversaire de l’attentat.

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Commémoration des attentats de l’AMIA – Crédit photo : Wikipédia

 

Vous l’aurez compris, cette histoire est donc encore sombre, et il semble qu’on ne connaîtra jamais les réels coupables. En effet, les enjeux économiques semblent dépasser le désir de justice, ce qui est assez regrettable. Et ce qui ne plait pas à la population qui ne demande qu’à tourner la page. Autre symbole de cette lenteur de la procédure, 22 ans après l’attentat, la dernière victime vient à peine d’être identifiée.


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L’essor du tourisme gay en Argentine

Depuis une vingtaine d’années, l’Argentine est devenue une des destinations phares de la communauté LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transexuels). Qui l’eût cru? Bien qu’étant une nation très religieuse et conservatrice, vous n’aurez pas de difficultés à trouver des bars, des milongas et même des circuits touristiques homophiles ! Au-delà du business, la société argentine se mobilise également pour faire accepter les droits de TOUS.

Drapeau - tourisme gay

Drapeau – Photo : Wikimedia

Un pays gay-friendly

En 2010, l’Argentine fut, en effet, l’un des premiers pays au monde et le premier du continent à légaliser le mariage homosexuel. Cet évènement a évidemment contribué à accroître son attractivité touristique aux yeux de la communauté LGBT. De nombreux opérateurs touristiques se sont alors emparés du phénomène.

On estime, en effet, à 20% le pourcentage de touristes étrangers gays qui viendraient seuls ou accompagnés en Argentine. Ces derniers faisant de plus en plus appel aux weddings planners de la capitale pour organiser leur boda gay (mariage gay).

Des circuits touristiques gays sont organisés à travers le pays et notamment, dans les zones de Puerto Madryn et la Péninsule de Valdès. Cette région est d’ailleurs connue pour ses casamientos express (mariages express). On peut, en effet, s’y marier en moins de cinq jours peu importe son orientation sexuelle. Depuis 2011, des croisières gays sont également proposées au départ de Buenos Aires.

Buenos Aires

Buenos Aires est incontestablement l’une des villes favorites de la communautée LGBT, rivalisant même avec San Francisco ou Rio de Janeiro. Le quartier de San Telmo fait notamment parti du top 10 des meilleurs quartiers “gay friendly” au monde.

En outre, chaque été, la conférence Gnetwork360, l’évènement marketing et tourisme LGBT le plus important d’Amérique Latine, a lieu dans la capitale.

Beaucoup de bars, milongas et boliches sont adaptés à leurs attentes et nous vous en proposons ci-dessous une sélection:

  •  El Marshall : Si vous souhaitez apprendre le tango, le Marshall est une milonga gay qui propose différents types de cours pour les locaux comme pour les étrangers !
    Où? Avenida Riobamba 416, Buenos Aires.
    Quand? Tous les vendredis, à partir de 22h30.
  •  El Amerika Disco : boliche (discothèque)  homosexuelle avec trois pistes de danse et tout type de public, jeunes comme moins jeunes !
    Où? Avenida 
    Gascón 1040, Buenos Aires.
    Quand?
    Du vendredi au dimanche soir, à partir de 00h30.
  • El Sitges : Café-bar gay offrant divers shows tous les soirs.
    Où?
    Avenida Córdoba, Buenos Aires.
    Quand?
    Ouvert les lundi, mardi, mercredi et vendredi soirs, à partir de 00h30.
  •  El Contramano : un des plus anciens boliches gay de la capitale, rendez-vous  préféré des touristes LGBT de plus de 30 ans !
    Où? Avenida 
    Rodríguez Peña 1082, Buenos Aires.
    Quand? Tous les week-ends, à partir de 00h30.

Et sinon?

En Argentine, il n’y a pas que la capitale qui offre de nombreuses activités à la communauté LGBT. Cette dernire y préfère d’ailleurs d’autres grandes villes  argentines telles que Mar del Plata, Córdoba, Mendoza et Rosario.


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Ni Una Menos : protestation contre le féminicide

Aujourd’hui c’est la Journée Internationale de la Femme ! Dans le cadre de cette journée, ce jeudi 8 mars 2018, le collectif Ni Una Menos prépare une manifestation féministe ! L’objectif est de dénoncer toutes les injustices et les discriminations faites aux femmes quotidiennement.

Ni Una Menos à Buenos Aires – Wikipedia Commons

“Ni Una Menos”, qu’est-ce que c’est ?

Ni Una Menos est un mouvement de protestation contre la violence machiste. En effet, en Argentine la situation est plutôt alarmante : une femme serait tuée toutes les 30 heures d’un féminicide, à savoir “le meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme”, comme le définit Diana Russell, écrivain et féministe activiste.

L’objectif de cette manifestation est de dénoncer et de mettre en exergue la violence faite aux femmes, afin que les institutions prennent conscience de l’importance et de la nécessité de mettre en place les dispositions nécessaires. En Argentine, il existe depuis 2009 une loi pour protéger les femmes, la Ley de Protección Integral a las Mujeres. Cependant, le feminicide reste toujours présent : en 2015, on dénombre un total de 286 femmes assassinées en Argentine seulement.

Initialement, il s’agissait d’un mouvement féministe créé par un groupe d’activistes, de journalistes et d’artistes. Mais, des personnes du pays tout entier se sont joint : politiques, sportifs, syndicats, ONG, personnalités médiatiques… pour se transformer finalement en un mouvement beaucoup plus important, dans un but de faire changer les choses.

Ni Una Menos

Ni Una Menos, 3 juin 2015 – Photo : Wikipédia

L’origine du nom

Le nom du mouvement “Ni Una Menos” vient d’un poème écrit par Susana Chávez Castillo. Cette poètesse mexicaine est une membre du mouvement de défense des Droits de l’Homme de Ciudad Juárez, sa ville d’origine.

“Ni una menos, ni una muerta más”

Cette phrase fut alors reprise par le groupe militant qui en fit son slogan, “Ni Una Menos”. Cela pourrait être traduit littéralement comme “Ni une en moins”, c’est-à-dire qu’il n’y ait plus de femmes qui disparaisse à cause de violences.

La manifestation du 8 mars

Cette année encore, les femmes argentines vont se réunir dans tout le pays ! En effet, le 8 mars de l’année dernière (8 mars 2017), ce sont plus de 200 000 femmes argentines qui se sont réunies pour lutter contre les violences faites contre les femmes : assassinats, viols, inégalités…

Cette manifestation est renouvelée cette année et aura un impact mondial ! Le collectif Ni Una Menos soutient cette manifestation et espère que cet événement aura un impact encore plus important que celui de l’année dernière. A Buenos Aires, les manifestants se retrouveront à partir de 16h au croisement entre Piedras et l’Avenida de Mayo pour une marche jusqu’au Congreso de la Nacion.


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La place de la femme dans la société argentine

Il est plus facile aujourd’hui qu`auparavant pour une femme d´évoluer que ce soit professionnellement ou socialement en Argentine! Alors oui les vieux démons d´une Argentine machiste font encore de l`ombre aux femmes, mais une volonté indéniable de changement est en marche, tout est à faire…

Por los Derechos de las Mujeres
Photo Flickr – Marcela Guerra Castillo Source: derechos de las mujeres

Féminisation de la politique argentine 

Les femmes sont désormais de plus en plus présentes dans les postes à hautes responsabilités et les hommes ont pris l’habitude de les voir actives, en dehors d’un cercle familial. L´exemple frappant se trouve dans le paysage politique argentin, lors des mandats de 2007 à 2015, l´argentine Cristina Kirchner était a la présidence du gouvernement. De plus la loi de 1991 adopte  l´obligation de quota, établissant une présence féminine d’au moins 30% dans les assemblées.

L’Argentine, État faisant partie de la Convention sur l´élimination de toutes formes de discrimination à l´égard des femmes depuis 1985, a présenté un rapport complémentaire sur les mesures prises pour pallier les conséquences de la crise de 1999 sur la population féminine, que ce soit en termes d’emploi, de santé, d’éducation ou de violence. Mais ce rapport perd de son efficacité lorsque l´on sait que les femmes ne sont pas associées à l’élaboration des politiques nationales.

Toutefois la présence de femmes au pouvoir pose la question de pourquoi si peu de changements dans leurs conditions de vie?

Cependant de nombreux obstacles à l’égalité et à l’indépendance féminine persistent. L’explication vient de la culture argentine, elle-même forgée par l’histoire : durant des années la famille argentine fut construite sur un modèle patriarcal  durant lequel fut exercé un pouvoir oppresseur sur les femmes.

La population féminine prend les devants 

Voyant qu´il est difficile de compter uniquement sur le gouvernement pour que la femme obtienne une place équivalente à celle de l´homme dans la société, les associations et organisations ont fleuri.

Depuis 1986, la réunion annuelle Encuentro National de Mujeres compte un nombre de participantes qui n´a fait qu´augmenter, en 2015 elles étaient environ 50 000. Les rencontres et conférences qui s´y produisent  sont l´expression de la lutte qu´elles poursuivent quotidiennement depuis leurs lieux de vie, au travail, dans la rue, à l´école ou encore à la maison.

Concernant leurs déplacements quotidiens en ville ou ailleurs il n´est pas rare qu´elles soient confronté à du harcèlement de rue. C´est de cette agacement que provient le projet     d´une carte interactive recensent les cas de harcèlement de rue: le projet au nom évocateur Hablamebien – “Parle moi bien” est une réponse originale face au machisme des argentins et qui prouve que les mentalités n´ont pas encore évoluées vers la parité.

Malgré une volonté croissante des femmes de gagner leur place a cotés de leur homonymes masculins, les changements sont minimes, notamment sur des sujets essentiels comme l´IVG qui fait encore débat, ainsi que les fémicides (violences faites aux femmes), terme courant qui entrera prochainement dans le code pénal argentin.

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Et si vous participiez à un faux mariage?

Commencez par enfiler votre plus belle tenue de gala, passez chez le coiffeur, et pensez au cadeau pour les mariés ! Vous me direz qu’en fait aucun de vos proches ne se marie ? Qu’importe! Allez à un faux mariage !

Source: flickr – photo bu MaloMalverde

Vous avez dit “faux mariage”?

L’idée peut sembler totalement saugrenue et pourtant, elle fait un carton en Argentine ! A l’origine de ce concept, un groupe d’amis,  las d’attendre que l’un d’entre eux se marie pour profiter de la fête. C’est ainsi qu’ils ont décidé d’organiser pour la première fois un faux mariage. Tout y est ! La cérémonie, le dîner de prestige, le bar à volonté, et même les diapo-photos typiques des soirées de mariage ! Oui vraiment, il ne manque rien, et surtout pas les mariés en question. Bon en réalité, ce ne sont pas vraiment des mariés, mais de simples acteurs embauchés pour l’occasion…

Tout est cependant pensé pour que l’événement soit au plus proche de ce qu’il pourrait être dans la réalité, bien qu’un peu surréaliste parfois… En effet, chacun des 5 faux mariages réalisés jusqu’à présent suit un scénario bien précis. Pour le premier par exemple, il s’agissait de mettre en scène un marié qui noyait son chagrin dans la fête après que sa « fausse future femme » aie finalement refusé de l’épouser quelques minutes seulement avant le début de la cérémonie.
Pour le dernier faux mariage en date, les organisateurs étaient allés encore plus loin! En effet, le faux marié avait avoué devant toute l’assemblée être en réalité amoureux de son pédicure…

Un concept qui divise, mais qui marche! 

Bref il n’y a aucune limite à ces mariages qui semblent parfois dépasser les frontières de la crédibilité ! En tous les cas, le but est de s’y amuser et de passer une bonne soirée, comme si l’on participait à un vrai mariage. Notez tout de même que ce genre d’événements à un coût, notamment pour les participants, qui doivent s’acquitter d’un droit d’entrée afin de pouvoir profiter jusqu’au petit matin…

Par ailleurs, il faut également noter que les avis sur le sujet sont mitigés, même en Argentine, où certains ne semblent pas vraiment bien comprendre le concept. En tous les cas, les participants assurent qu’il s’agit d’un très bon moyen de rencontrer des gens, et surtout de passer une bonne soirée, dans une ambiance qui s’écarte de celle des traditionnels « boliches » (discothèques) locaux.

Si jamais vous voulez prendre part à la fête, pensez néanmoins à vous y prendre à l’avance car chaque faux mariage se déroule à guichets fermés, la faute à un succès qui pourrait bien faire émerger un nouveau business, déjà exporté par exemple en Russie…


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Hablamebien (“Parle moi bien”): la carte interactive qui recense les cas de harcèlement de rue

En Argentine, la lutte contre le sexisme se poursuit alors que les féminicides scandalisent de plus en plus la population du pays. Outre les meurtres et autres crimes,  les démonstrations de cette discrimination envers les femmes sont nombreuses, notamment dans la rue, où le harcèlement est devenu monnaie courante.

Source: wikipedia

La goutte d’eau qui fait déborder le vase…

Tout est parti d’une soirée banale, durant laquelle Carolina Vàsquez, 22 ans, est sortie promener son chien comme elle a l’habitude de le faire chaque jour. Seulement ce jour-là, tout ne se passa pas exactement comme les autres fois. Alors qu’elle passait devant un immeuble en construction, c’est une insulte qu’elle entendit. Comme elle ne répondit pas, l’homme dans l´immeuble lui lança du ciment dessus. Indignée, la jeune femme rentra chez elle, mais fut évidemment incapable d’identifier l’auteur de son agression.

La naissance d’un projet

Carolina est étudiante en école de publicité. A l’initiative du site, un groupe de 5 jeunes filles entre 22 et 26 ans dont elle fait partie, et qui ont toutes déjà été victimes d’insultes dans la rue. Tout part donc d’un constat, d’une indignation, et enfin d’un projet scolaire, qu’elles ont voulu utile à la société. Aidées par un programmateur web, leur projet a pu voir le jour…

Un concept simple pour dénoncer des problèmes quotidiens

L’idée part en effet d’un simple site internet auquel il suffit de se connecter à l’aide d’un ordinateur ou même d’un téléphone mobile. Il faut ensuite indiquer  le lieu et bien sûr retranscrire la fameuse insulte. Seulement 6 jours après le lancement du site, 150 témoignages y figuraient déjà.
On en voit d’ailleurs de toutes les couleurs, avec des phrases du type « Tes seins me rappellent ma mère » ou encore « Je te mangerai comme une empanada ».

Les jeunes étudiantes, qui ne pensaient pas que leur idée ferait autant « le buzz » ont pourtant réussi à sensibiliser la population à un problème que rencontrent encore beaucoup de femmes au quotidien, pas seulement en Argentine, mais également en France, et dans la plupart des pays du monde…

Pour plus d’informations : hablamebien.com


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Argentins : La folie des messages vocaux

“Hola mi amor”, “¿Dónde estás?” “Estoy llegando” : Où que vous soyez à Buenos Aires, dans le métro, le bus, dans un parc ou un bar, vous serez frappés par la quantité de messages vocaux que se laissent les argentins, n’importe où, n’importe quand et pour n’importe quel motif. Véritable phénomène de société, les argentins sont aujourd’hui complètement locos des textos vocaux.

Source-Flickr

Zoom sur le phénomène des mensajes de voz

La situation est assez frappante. Si vous vous promenez à Buenos Aires, vous verrez énormément de gens “parler” à leur téléphone. Cela peut être seulement quelques mots, une simple question, mais aussi le récit de toute une journée soigneusement détaillée. Alors qu’en France les conversations au téléphone, ça fait plutôt “ringard” et que la majeure partie des français préfèrent textoter, les Argentins eux, semblent préférer utiliser leur voix pour communiquer. Ils envoient des messages vocaux lorsqu’ils conduisent,  lorsqu’ils marchent, bref dès qu’ils sont occupés ou qu’ils ont les mains prises. Par ailleurs, de nombreux chauffeurs de bus ou de taxi utilisent cette option. Les mensajes de voz ne se cantonnent donc pas seulement aux jeunes, ils sont utilisés par l’ensemble de la société Argentine ayant accès à la téléphonie mobile. Il est aujourd’hui possible de partager un message vocal à plusieurs amis, ou de transférer un message reçu à d’autres contacts.

Les argentins fans de Whatsapp

Les Argentins sont parmi les premiers utilisateurs de Whatsapp mondiaux, cette application mobile de messagerie instantanée très utilisée aujourd’hui à travers le monde. En effet, en Argentine comme dans la plupart des pays d’Amérique Latine, les textos ne sont pas gratuits, et reviennent plus chers qu’un forfait mobile avec Internet.  Le phénomène des “mensajes de voz” (messages vocaux) s’est donc développé ‘a partir de 2013 lorsque Whatsapp a introduit cette nouvelle fonctionnalité. Les Argentins ont tout de suite adhéré. Cet engouement pour les messages vocaux vient également de la culture latine des Argentins. Les Argentins aiment parler, écouter leurs amis de vive voix.

Un mode de communication plus humain

Les Argentins préfèrent les messages vocaux aux textos car ils sont plus personnels. Combien de fois avez-vous reçu un texto et mal interprété son contenu ? Avec les messages vocaux, le son de la voix précise directement le ton du message et évite bien des incompréhensions et cafouillages. D’autre part, ils jugent ça plus pratique : plus besoin d’utiliser une ponctuation expressive ou des smileys pour ajouter du sens aux mots bruts et froids des textos. Les messages vocaux créent une proximité indéniable entre les deux interlocuteurs. Si vous n’avez pas parlé à quelqu’un depuis longtemps ou qu’une personne vous manque, il peut être agréable d’écouter directement le son de leur voix…


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L’Argentine, championne du protectionnisme !

“Emploi” et “production” : deux mots qui justifient depuis 2007 le protectionnisme record argentin, dans la bouche de la présidente Cristina Kirchner. Des mesures politiques qui affectent durablement l’économie argentine et la réputation du pays depuis la crise de 2001 et un constat :  l’Argentine est aujourd’hui parmi les pays les plus protectionnistes au monde. Et pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Dans les années 90, sous la présidence de Carlos Menem, l’Argentine s’est vue obligée d’ouvrir ses frontières  et est devenue un pays très libéral. Retour sur les causes et effets du protectionnisme depuis 2003, date où Néstor Kirchner est arrivé au pouvoir en Argentine.

discours de Cristina de Kirchner- Source: Flickr

Zoom sur le phénomène

Selon les données du Global Trade Alert,  le pays maintient 278 mesures commerciales discriminatoires contre les produits étrangers, plus que dans n’importe quel pays d’Amérique Latine. L’Argentine, en plus d’être le pays utilisant le plus de restrictions commerciales au niveau régional, est le 3ème pays le plus protectionniste au monde, après l’Inde (355 mesures) et la Russie (346). Les enseignes textiles locales ont aujourd’hui remplacé les grandes marques étrangères et les téléphones portables étrangers comme les iPhone sont devenus hors de prix. En 3 ans, 40 multinationales ont quitté le pays. Dernier exemple : En ce moment, un Argentin ne peut pas recevoir plus de 2 colis venant de l’étranger par an !

Les causes de ce protectionnisme

Avec la crise de 2001 et son défaut de paiement, l’Argentine s’est vue couper l’accès au marché des capitaux et n’a pu obtenir des liquidités qu’en accumulant des excédents commerciaux. Depuis, les barrières protectionnistes se sont multipliées tous azimuts. L’économie argentine est traumatisée depuis cette catastrophe de 2001, ce qui explique la politique kirchnériste concernant la forte limitation des importations, même s’il faut contourner les règles de l’OMC… Le protectionnisme est mis en place également dans l’optique de stimuler la production locale, et de réindustrialiser le pays. Depuis 2011, l’Argentine est confrontée à une détérioration de ses indices économiques : inflation de plus de 25%, fuite des capitaux, diminution des investissements étrangers, et la présidente Cristina Kirchner continue à multiplier les barrières de protection, avec de fortes taxes d’importation sur les biens d’équipements : automobile, électroménager, ordinateurs, téléphonie mobile et textile.

Source – Wikipedia

Les effets sur l’économie nationale

La création d’emploi ? Cristina de Kirchner justifie cette politique de repli national en avançant l’argument de la création d’emplois : En gros, les importations augmenteraient le chômage en Argentine. Il est vrai que le protectionnisme a eu des impacts bénéfiques. Le chômage était en effet à 25 % il y a 14 ans lorsque le pays était très libéral, il est tombé à 8% depuis que Cristina est au pouvoir. Les restrictions concernant les importations ont eu pour effet de fortement limiter  la concurrence nationale et certaines industries ont ainsi pu se développer considérablement , comme l’industrie du jouet par exemple. Mais aujourd’hui, on constate que les pays les plus libéraux de la région, comme le Chili par exemple, sont ceux qui ont les taux de chômage les plus bas. Inversement, l’Argentine est aujourd’hui le pays le plus protectionniste d’Amérique Latine, et son taux de chômage est parmi les plus élevés du continent.

Une déstabilisation du business : Les entreprises ont aujourd’hui beaucoup de mal à faire importer du matériel venant de l’étranger : En effet les marchandises importées sont souvent bloquées à la frontière. Ce phénomène est à l’origine d’un ralentissement conséquent de l’économie argentine. Le pays souffre depuis 2013 d’une récession industrielle. Dans le cas de l’industrie automobile, secteur le plus touché par la destruction d’emplois, le lien entre protectionnisme et récession du secteur est évident : 70% des composants doivent en effet être importés. Par ailleurs, les industries ne profitent  pas des progrès technologiques mondiaux et fonctionnent avec des technologies déjà matures. Les entreprises sont privées d’accès aux investissements étrangers et coupées des chaînes de valeur internationales, qui représentent 80% du commerce international. Enfin, la corruption se développe de plus en plus dans le pays, de nombreux  entrepreneurs ont aujourd’hui recours à des pots de vins pour pouvoir importer…

Une inflation galopante : La pénurie de produits technologiques et de composants bon-marché provenant de l’étranger, génère une impressionnante augmentation des prix: L’inflation atteint des taux records, chaque année, 37,5% en 2014 selon le cabinet Finsoport, (même si les statistiques officielles prétendaient qu’elle était de 25%). Cette inflation à deux chiffres entretient les circuits illégaux d’économie parallèle. Les Argentins n’ont plus confiance aujourd’hui, ni en leur pays, ni en leur monnaie qui peut perdre sa valeur du jour au lendemain. Ils échangent donc leurs pesos en dollars au blue market dans la rue, et gardent chez eux leurs économies en liquide dans cette monnaie jugée beaucoup plus sûre.

La “mala fama” de l’Argentine à l’international

Parmi les pays affectés par les mesures protectionnistes argentines, l’Asie est particulièrement touchée avec respectivement la Chine, la Thaïlande, l’Indonésie, la Malaisie… Pour ce continent, les mesures touchent en majorité le secteur textile. Parmi les zones également touchées par ces mesures, on remarque également l’Union Européenne, les Etats-Unis ou encore des pays d’Amérique Latine comme le Brésil ou l’Uruguay. L’Argentine se fait donc des ennemis commerciaux au sein de sa propre zone de libre échange, le MERCOSUR. Les Etats-Unis et l’Union Européenne pointent régulièrement du doigt l’Argentine concernant ses mesures protectionnistes et saisissent l’OMC pour violation des règles du commerce international.

Les élections d’octobre 2015 vont probablement changer la donne en Argentine concernant la politique libérale. Les deux candidats pressentis semblent être beaucoup moins kirchneristes sur ce point là… Affaire à suivre


 

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