Vous avez entendu parler, à plusieurs reprises, de la Pachamama mais vous ne savez pas bien ce qu’elle représente ? Aujourd’hui Argentine-info vous explique tout !

La Pachamama est un concept qui vient de la langue Quechua. Pacha peut se traduire par “monde” ou “Terre“, tandis que mama est l’équivalent de “mère“. C’est pourquoi on explique souvent que la Pachamama est, pour certains groupes ethniques andins, la Terre Mère.

représentation de la terre mère, la Pachamama lors l'une exposition

Représentation de la Pachamama lors d’une exposition – Flickr

Qu’est ce que la Pachamama ?

La Pachamama est une sorte de divinité, une déesse totémique. Elle représente la planète Terre et la vision du monde selon ces groupes ethniques. Elle est très importante pour eux. Ils considèrent qu’elle protège les gens et leur permet de vivre grâce à tout ce qu’elle fournit : eau, nourriture, etc. Les Hommes doivent donc prendre soin de la Pachamama et lui rendre hommage.

Elle est au cœur du système de croyances des peuples indigènes des Andes centrales d’Amérique du Sud en matière de performances écologiques et sociales.

Le culte de la Pachamama

Ce n’est pas une divinité créatrice, mais une divinité protectrice. Elle abrite les êtres humains, rend la vie possible et favorise la fécondité et la fertilité. En échange de cette aide et de cette protection, le berger du Puna Meridional se doit d’offrir au Pacha une partie de ce qu’il reçoit; et cela dans les moments et les lieux prédéterminés par le rituel. Cependant, elle est également considérée comme un visage négatif. La Pachamama a souvent faim. Si elle n’est pas nourrie avec les offrandes ou si elle est offensée, cela provoque des maladies.

Ce rituel varie en fonction des groupes ethniques, il a également évolué au fil du temps. Dans l’Antiquité, des animaux (et surtout le fœtus de lama) étaient sacrifiés en son honneur. De nos jours, il est plus courant d’enterrer en offrande des cigarettes, des bouteilles de vin, des feuilles de coca et d’autres produits. Ce type d’offrande s’appelle généralement “corpachada” dans le centre-sud des Andes. L’objectif est de divertir la Pachamama afin qu’elle leur rende le geste avec de bonnes récoltes, des conditions météorologiques favorables, etc.

Déroulement de la cérémonie

Aperçu du déroulé d'une cérémonie de la Pachamama. Les habitants font tour à tour des offrandes.

Cérémonie de la Pachamama – Wikimédia

La cérémonie que beaucoup connaissent est un rituel de la Pachamama ou la fête de la Terre Mère. En Bolivie, ils appellent cette cérémonie chaya ou pago, ce qui implique un acte de réciprocité. Le premier jour du mois d’août est connu comme étant le premier jour de sa représentation. Pourtant, il est en fait pratiqué tout au long du mois. Et dans de nombreux endroits également le premier vendredi de chaque mois. Les cérémonies sont exécutées par des personnes âgées ou des personnes ayant une plus grande autorité morale au sein de chaque communauté. Dans le cas du peuple Aymara en Bolivie, cette personne s’appelle “yatiri“.

Lors de cette cérémonie, les habitants creusent ensemble un trou, qu’ils assimilent à la “bouche de la terre“. Ce trou, qui s’appelle la boca, serait lié au centre de la terre. Alors chaque participant dépose deux cigares autour de la boca afin de purifier l’air et chasser les mauvais esprits grâce à la fumée. Chaque habitant doit fumer afin de prouver qu’il est sain, puis dépose de l’eau bénite dans le trou. Ensuite, chacun fait alors son offrande. Une fois les offrandes terminées, une purée de maïs déposée sur celles-ci vient clôturer le rituel. Le trou est alors rebouché et les habitants partagent un long moment à chanter et à danser en l’honneur de la Pachamama.

La Pachamama dans les croyances aujourd’hui

Les communautés Quechua et Aymara ont maintenu et préservé les croyances et rituels liés à la Pachamama. C’est principalement le cas dans les régions andines de Bolivie, d’Équateur et du Pérou, dans le nord du Chili et le nord de l’Argentine. Grâce aux migrants, elle s’est fait connaître ailleurs. Elle s’est étendue à de nombreuses villes et grandes métropoles modernes comme Buenos Aires. C’est pourquoi on peut voir dans une telle ville (depuis les années 1990) des gens qui versent une partie de leur vin ou de la bière qu’ils vont boire en disant “Antes” (avant).

Après la conquête espagnole et l’arrivée du catholicisme, la figure de la Vierge Marie a été assimilée à celle de la Pachamama par de nombreuses communautés indigènes.

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