La victoire du nouveau président libéral et conservateur Mauricio Macri, synonyme de changement  politique inédit en Argentine, annonce-t-elle un virage politique à droite à travers tout le continent latino-américain ? L’élection de Macri a été extrêmement bien accueillie par les forces politiques de l’opposition à travers toute l’Amérique Latine, notamment au Vénézuela et en Bolivie. Là-bas, les prochaines élections permettront de mesurer l’intensité d’un soi-disant “effet Macri” à travers toute l’Amérique Latine.

Une réorientation de la diplomatie Argentine

Macri condamne fermement la politique du président vénézuélien Nicolas Maduro à l’égard de la liberté d’expression et du respect des droits de l’homme dans son pays. En effet, aujourd’hui au Vénézuela, de nombreux opposants politiques sont  persécutés par le pouvoir en place. Macri souhaite donc exclure temporairement le pays du MERCOSUR en raison de ses nombreuses nombreuses failles démocratiques. Le prochain sommet du Mercosur (incluant Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Vénézuela) le 21 décembre, sera l’occasion pour Macri d’exprimer sa fermeté à l’égard de Maduro. A l’échelle mondiale, Macri souhaite se rapprocher des Etats-Unis et de l’Union Européenne.

Les forces de l’opposition célèbrent la victoire de Macri en Amérique Latine

En Bolivie

Un référendum est prévu en Bolivie le 21 février prochain concernant une réforme de la constitution permettant la réélection en 2019 du président Evo Morales. Si le président bolivien avait ouvertement soutenu Daniel Scioli lors du premier tour, l’opposition à Evo Morales, elle, se réjouit de la victoire de Mauricio Macri et espère un changement de cap lors du prochain référendum, à l’instar du récent changement politique en Argentine.

Au Vénézuela

Macri est un des rares leaders d’Amérique Latine ayant condamné la peine de 13 ans de prison infligée à Leopoldo López, un opposant politique au régime de Maduro. Il a promis qu’il demanderait sa libération immédiate au plus vite. Aujourd’hui, toute l’opposition à Maduro (de Enrique Capriles à María Machado en passant par Lilian Tintori, l’épouse de Leopoldo López) a salué la victoire de Mauricio Macri. Ils appellent au changement lors des élections de l’Assemblée Nationale, qui auront lieu le 6 décembre prochain.

Sommet du MERCOSUR , décembre 2014 – Source : Cancillería del Ecuador

En Equateur

L’Equateur est lui aussi un allié traditionnel du kirchnérisme. En 2017, le pays votera pour le successeur du président actuel, Rafael Correa. Normalement, une modification de la constitution devait prévoir la réélection indéfinie de celui-ci, mais ces dernières semaines, Correa aurait laissé entendre qu’il ne souhaitait plus se représenter. L’opposition souhaite donc profiter de l’ “effet Macri” qui pourrait s’étendre sur toute l’Amérique Latine.

Au Brésil

Au Brésil également, les forces de l’opposition ont  manifesté leur enthousiasme suite à la victoire de Macri. L’ancien président Lula avait soutenu Scioli au 1er tour, mais le ministre des finances de Dilma Roussef a salué la victoire du président !

Y entonces ? Y aura-t-il un véritable “efecto Macri” à travers toute l’Amérique latine ?

La victoire de Macri marque un tournant historique dans la politique latino-américaine. La droite conservatrice a en effet été exclue de l’échiquier politique depuis plus de 16 ans (date de l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez au Venezuela) au sein de tous les pays issus du courant de gauche révolutionnaire (Bolivie, Vénézuela, Equateur) ou de gauche sociale-démocrate (Brésil, Uruguay, Argentine). Aujourd’hui toute la presse régionale s’interroge sur un possible glissement à droite de l’Amérique Latine : La Razón, quotidien bolivien, cite notamment un membre de l’opposition prédisant la “fin du socialisme du XXIème siècle“. El País s’interroge également sur l’ “efecto Macri” en Amérique latine mais affirme que “parler de changement d’ère paraît cependant prématuré”. Affaire à suivre !


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