Moins connues que les favelas brésiliennes, les “villas miseria” sont les bidonvilles d’Argentine, généralement situés en périphérie des agglomérations. Partons à la découverte de la plus emblématique d’entre elles: la villa 31 connue aussi comme la villa du Pape actuel, qui y faisait autrefois régulièrement la messe.

Villa miseria

Villa miseria – Photo : Wikipédia

Qu’est ce que la Villa 31?

Ce rectangle de 6 kilomètres carrés  est situé dans la ville de Buenos Aires, plus précisément dans le quartier de Retiro. Elle est la plus vieille et la plus emblématique de Buenos Aires. Elle a, en effet, commencé à se former dans les années 30 lorsque les immigrés travailleurs portuaires et ferroviaires cherchaient en vain un lieu où vivre. Elle a vu le jour en 1932 sous le nom de “Villa Desocupación” (« Villa chômage»). Les autorités ont alors tenté, à plusieurs reprises, de faire partir ses occupants (notamment durant la dictature) mais n’y sont  jamais parvenu. Elle compte aujourd’hui environ 30 000 habitants selon les estimations les plus modestes et s’est étendue de façon précaire, horizontalement comme verticalement. La moitié de sa population est étrangère, autrefois majoritairement italienne ou espagnole, aujourd’hui principalement  paraguayenne, bolivienne et péruvienne.

La villa 31 s’est développée et s’est étendue au point de se heurter au centre de transport le plus important de Buenos Aires (Retiro) et à la frontière de certains des quartiers les plus côtés de la capitale tels que Recoleta ou Puerto Madero. Cet emplacement stratégique a attiré dernièrement de nombreux promoteurs et des projets de réhabilitation qui n’ont cependant pas encore abouti.

Les villas miseria

Ces villas miseria sont aussi connues sous le nom de villas de emergencia(bidonvilles d’urgence), ce qui est assez hypocrite vu leur longue existence. A Buenos Aires, elles sont une cinquantaine et abritent 15% de la population porteña. Leurs infrastructures sont évidemment très fragiles. La plupart de ces villes informelles ne jouissent pas de réseau d’électricité et d’eau courante ni de système de tout-à-l’égout. La population pâtit ainsi de la présence récurrente de torrents de boue à la moindre averse et de nombreuses épidémies. 

Pour aller plus loin

Si vous êtes intéressés par l’histoire et le quotidien de ces quartiers populaires, nous vous recommandons vivement le film argentin Elefante Blanco (2012) de Pablo Trapero qui met en scène le fameux Ricardo Darín et l’acteur francophone Jérémie Rénier.

 

Bande-annonce : [youtube width=”400″ height=”244″]https://www.youtube.com/watch?v=uHlSX-JXku4[/youtube]

 

Bon film ! 


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