L’équipe Equinoxe a récemment rencontré Fleur De Villers dans son restaurant de Buenos Aires La Maison. Récit d’un rendez-vous avec une chef d’entreprise à la volonté extraordinaire !

De Lyon à Buenos Aires en passant par…

Lyonnaise d’origine, Fleur connait New York, la Jordanie, Israël, Londres et Paris pour y avoir vécu. Après des études de communication, elle commence sa carrière dans la production de photos, puis devient agent, toujours dans ce milieu… ce qui l’amène de fil en aiguille à créer son propre cabinet de conseil.

Fleur De Villers

Il y a 6 ans, Fleur réalise un voyage d’un mois et demi en Argentine. Son périple l’amène à Mendoza, Salta, puis dans l’intérieur du pays. En rentrant à Paris, elle est convaincue qu’elle reviendra. Pourquoi ? C’est comme une force intérieure qui l’attire…

La vie parisienne reprend son rythme avec son cabinet de consulting. Mais cette vie devient lassante… Elle se remémore sans cesse ce voyage en Argentine et l’idée de vivre là-bas l’attire de plus en plus, mais pour faire quoi ? Ses amis lui ouvrent les yeux sur sa passion pour la cuisine et le plaisir qu’elle donne en les recevant  à dîner.

Fleur décide alors de revenir à Buenos Aires un mois pour étudier les modalités de création d’un restaurant et voir si cette vie lui correspondrait. Ce séjour l’enchante à nouveau, elle rencontre une multitude de personnes et décide de sauter le pas, avec en tête le quartier de Palermo, pour son côté ambiance de village en plein coeur de la capitale.

Trois mois plus tard, elle revient en Argentine et cherche à Palermo (et pas ailleurs !) le lieu idéal pour son restaurant. Elle finit par le dénicher, mais il faudra encore quelques semaines de travaux pour que l’endroit devienne ce qu’il est aujourd’hui.

Une équipe volontaire et soudée

Dans l’équipe de ce restaurant, plusieurs nationalités se côtoient : Vénézueliens, Péruviens, et un Chef Argentin. Trois personnes sont en cuisine à temps plein, et une personne supplémentaire est embauchée en renfort durant la haute saison et en fin de semaine.

Fleur a  voulu créer un réel esprit d’équipe au sein du staff, ce qui fût assez compliqué au début, lorsque les personnes allaient et venaient, parfois du jour au lendemain. Maintenant elle est entourée d’une équipe stable, sur qui elle peut compter. Elle admire particulièrement son chef Gonzalo Bello en qui elle voit un allié, un véritable passionné de la cuisine française ! Il est d’ailleurs parti en France pour suivre des formations dans les restaurants étoilés Michelin et elle aimerait qu’il renouvelle prochainement l’expérience.

Le menu s’il vous plait ?

La carte de Fleur vous propose : carpaccio de coquilles St jacques, tatin de chèvre, œuf truffé, assiettes de la mer (selon les arrivages), huîtres, filet mignon de porc, poissons, gambas, et bientôt une tatin de foie gras ! Pour environ 130 pesos (22€).

Deux fois par an, les menus sont revisités. Les cuisiniers donnent leurs idées et Fleur met la petite touche finale qui fera frissonner vos papilles ! Une trentaine de couverts peuvent être servis à intérieur et l’extérieur est très facilement modulable.

Ses clients sont principalement des touristes (Anglais, Brésiliens, Canadiens, Français) et des expatriés Français, mais aussi des Américains et des étrangers résidents quelques mois dans l’année.

Le restaurant est mentionné dans plusieurs guides touristiques, mais aussi des blogs et forums de voyage.

Photo : l’entrée du restaurant

Une mise en route pas toujours évidente…

En plus d’une certaine barrière de la langue au début, il faut disposer d’une grande ouverture d’esprit et avoir un vrai sens relationnel pour être restauratrice, nous précise Fleur. Sans oublier l’essentiel : veiller au maintien d’une qualité irréprochable en cuisine.

«En tant qu’expatriée en Argentine, on apprend à relativiser et à rebondir sur les évènements. Ici, grâce au recul, on trouve toujours une solution. » Fleur a  dû apprendre à utiliser l’humour et à faire passer ses messages en souriant pour ne pas être prise pour une hystérique ! Car içi, les Argentins ne crient pas quand ils revendiquent quelque chose… tout se joue en finesse.

Les difficultés qu’elle a rencontrées concernent plus les process. Il est facile de monter un projet en Argentine, mais quand celui-ci est lancé ce sont les ennuis qui commencent : inspections régulières, machisme des inspecteurs et des contrôleurs sanitaires. Fleur doit lutter pour contrer ces discriminations notamment quand l’inspecteur lui demande à rencontrer le chef, le vrai. « Mais c’est moi l’encargada (la gérante) ! répond-t-elle avec énergie».

Ceci dit, il reste plus simple de monter un business en Argentine qu’en France et les prix sont aussi beaucoup plus abordables. Mais par dessus tout, c’est la passion qui l’a emporté… celle qui, il y a 2 ans, traversait l’esprit de Fleur quand elle a reposé un pied sur le sol argentin en se surprenant à penser “Me voilà de retour chez moi !”.

Un manque de la France ?

Fleur est sans hésitation en manque de bon beurre, de fromage, « le vrai fromage avec une odeur pestilentielle mais un goût si unique ! ». Elle rentre peu en France, mais accueille avec toujours autant de plaisir famille et amis qui viennent lui rendre visite.

En revanche, si l’occasion se présente, Fleur ramenerait bien en France quelques vins argentins qu’elle apprécie mais aussi un poncho du nord de l’Argentine, et pourquoi pas des objets en argent et en cuir.

Son coup de cœur en Argentine ?

Le quartier de son restaurant : Palermo Hollywood ! Concernant l’Argentine, elle voudrait visiter le nord du pays, pour “assouvir mon envie de jungle”, nous dit elle en riant !

Et si d’autres Français se lançaient dans cette aventure ?

Bien sûr !! A condition pour les entrepreneurs étrangers de bien préparer le back-up de leur projet et surveiller de tous les côtés : penser aux dépenses imprévues et ne pas être naïf pour éviter les mauvaises surprises. Mais Fleur en est convaincue : l’Argentine est un véritable Eldorado !

Rendez-vous vite à La Maison (Honduras 5774 – Buenos Aires)